A la demande générale d'Athanasios :
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182 : le pape Victor abandonne la langue grecque pour adopter la liturgie de langue latine.
De 182 jusqu'à Charlemagne, la langue latine était la langue vernaculaire couramment parlée dans la chrétienté. Aucun problème linguistique ne se posait alors en matière de liturgie. En Orient, où l'unification linguistique était moins édidente, la liturgie de saint Jean Chrysostome était en langue grecque, lange parlée. Parallèlement s'étaient développées des liturgies syriaque, arménienne, qui employaient des langues nationales. Pour l'Occident, le problème de la langue s'est donc posé au VIIIe siècle, à partir du moment où la langue vulgaire évolua au point de se disitinguer entièrement du latin. Quand Charlemangne imposa la langue latine pour la liturgie qu'il voulait unifier, il sépara alors langue liturgique et langue vernaculaire. Mais plusieurs conciles n'en restèrenet pas là, et adaptèrent la liturgie pour qu'elle puisse être comprise par les fidèles, qui avaient rarement étudié le latin. Cette adaptation s'était déjà partiellement effectuée en Angleterre, quelque cent ans auparavant :
664 : le concile de Whitby impose la liturgie romaine en Angleterre 747 : le concile de Cloveschoe ordonne de dire le Credo et le Pater en langue nationale en Angelterre Seconde moitié du VIIIe siècle : les Carolingiens imposent la liturgie romaine dans l'Empire. 813 : le concile de Tours prscrit que les sermons soient en langue vulgaire. 869 : Méthode traduit la Bible en slave en privilégiant le sens des mots, quitte à devoir prendre un mot slavon de genre opposé au mot grec original. Beaucoup d'évêques s'opposent à cette traduction qu'ils jugent du coup hérétique. Méthode instaure également une liturgie en slavon : il rencontre de nombreuses oppositions de la part du clergé franc. Méthode se rend donc Rome pour prendre l'opinion du Pape : Adrien II reconnaît la liturgie slavonne en la faisant célébrer dans sa chapelle. Est alors condamnée l'hérésie des trois langues, à savoir la croyance erronée qui consiste à croire que les seules langues valides dans la liturgie sont celles des Ecritures : l'hébreu, le grec et le latin.
889 : Par pacification, Etienne V interdit les langues vernaculaires après les persécutions qu'ont subies les disciples de Méthode qui célébraient en slavon.
1609: le concile de Narbonne, enfin, a-t-il négligé la bulle de Saint Pie V, en permettant aux fidèles de dire le Non sum dignus en français ? Le rituel rédigé par Saint François de Sales, en 1612, permet également cette nouveauté.
Source : François Biju-Duval, Les traditionalistes face à la tradition, Saint-Cénéré, Pierre Téqui éditeur, 1999, 81-82.
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