Les archives du Forum Catholique
Forum | Documents | Liens | Q.F.P. | Oremus

Les archives du Forum Catholique

JUIN 2001 A JUILLET 2003

Retour à la liste des messages | Rechercher

Afficher le fil complet

Re : "La crise..." Imprimer
Auteur : Myster de Kerpolik
Sujet : Re : "La crise..."
Date : 2003-06-30 16:48:16

Globalement je suis d'accord avec vous.

Mais, je dis mais car qui dit consensus dit silence, et pas forcément méditation, et qui dit silence dit indifférence.
Mais dis-je il y a des exemples où le christianisme a totalement disparu je veux parler d'Afrique du Nord, qu'est devenue l'Eglise d'Augustin? Autre question que serait-elle devenue si elle n'avait pas abandonnée sa foi trinitaire pour l'arianisme....Là pas de réponse car nul ne peut faire d'Histoire-fiction.

Le problème n'est pas de savoir si la crise de l'Eglise date d'avant ou d'aprés Vatican II mais de savoir pourquoi, à partir de Vatican II il y a eu cet austracisme contre les tenants d'un tradition liturgique qui tout en critalisant la foi des catholiques, associait la grandeur qui sied au sacré, la beauté qui élève l'âme et la chaleur qui soude une communauté des croyants tout en les envoyant en mission, avec au coeur de cette liturgie la célébration du sacrifice eucharistique à la fois mémorial et actualisation.

Or si la crise se préludait bien avant le concile, je pense que l'application de celui-ci dans sa forme brutale et péremptoire connue par beaucoup d'entre nous et souvent évoquée ici n'a fait accélérer une désafection avec des exlusions péremptoires.

Qu'il me soit permis de vous rappeler la réflexion de Guy de larigaudie lors de son passage au Canada en parlant du Quebec, fin des années 30, " solidement planté sur son rocher comme dans sa foi".....qu'en reste-t-il? Rien n'est jamais acquis, on le sait.

Or il me semble que le christianisme et en particulier le catholicisme est à la fois exigeant dans sa démarche, son appréhension et son adhésion et trés ouvert sur la liberté humaine au point de permettre à l'Homme de se détourner d'une religion qui lui ouvre à la liberté. A ceci il faut ajouter une réussite dans l'inculturation des sociétés occidentales d'origines romaines et celtes à fortes traditions rurales.

Religion difficile car elle demande à la fois la confiance dans le dogme et la réflexion dans son énoncé ( i.e. la Trinité, pouvez-vous l'expliquer brièvement?). Religion difficile car elle a dû affronter, avec succés la philosophie grecque et la religiosité populaire aussi bien romaine que slave ou germanique, les populations urbaines comme les populations rurales et pour cela elle a dû développer aussi bien une construction intellectuelle savante et une religion aux expressions plus populaires. Or il arrive un moment où les deux peuvent s'affronter d'où conflit et crise.
Religion difficile car elle annonce un Dieu amour et tout puissant et doit rendre compte de catastrophes, des guerres, des souffrances des justes...

Elle n'a rien à voir avec les religions qui confirment les différences sociales ( castes, bien pratique pour la paix sociale) ni celles qui ne demandent que trois à cinq points simples en expliquant le monde et ses injustices en disant " c'est Dieu qui le veut"...

Notre religion est à la fois mystique et agissante, spirituelle et en actes, intellectuelle et simple ( elle concilie saint Thomas d'Aquin et le saint curé d'Ars sans antinomie) et rassemble dans une même assemblée toutes les couches sociales et toutes les situations. Elle a su concilier la foi de la cour de Louis XIV et celle des paysans de vendée, elle a su déplacer des foules à la suite d'enfants illettrés ou presque à la Salette ou à Lourdes.

Et pourtant en Occident cela ne fonctionne plus.

Je n'ai pas de réponse mais j'esquisserai une reflexion celle d'un monde désanchanté parcequ' apparament repus. L'annonce du salut pour tous fit recette aux premiers siècles de notre ère, mais que représente la salut, demain, dans vous avez la bouche pleine de pop-corn et que vous attendez votre passage à la télévision. L'espérance est un mot inconnu du vocabulaire actuel.
Or les misère matérielle, intellectuelle et spirituelle sont bien présentes, et pourtant ça ne fonctionne pas.

Cela ne fonctionne pas parceque, en partie et trés partiellement et à mon humble avis, on a intellectualisé, dans un sens restrictif, l'expression de la foi. La piété populaire à partir de vatican II n'a pas eu bonne presse et la liturgie est passée au second plan au profit d'un activisme socio-religieux au moment même où les mouvements d'action catholiques s'essouflaient et ne tournaient que sur et pour eux-même.
Le support de la foi, la liturgie, a été sacrifié alors que son maintien eût permis à la communauté catholique de se retrouver dans son identité pour affronter les nouveaux défis. Bref à la veille de la bataille on a remodelé les troupes, découragées et dispersées elles se sont votalisées.

Reste, à mon avis, le plus fort et le plus ambivalent du message chrétien celui de la liberté humaine. L'exemple est celui du jeune riche ( Mt et Mc ) aucune autre religion ne se permet le luxe d'une telle liberté, à savoir se donner pour être on non acceptée. Dans la foi chrétienne nul n'est forcé de croire, il s'agit d'un précepte évangélique donné par l'exemple.

Aujourd'hui il me semble que l'acceptation de la Tradition liturgique peut être un moyen de revivifier les croyants par des assemblées priantes, ce qui permettrait de relancer une catéchèse solide nourrie aux sources des sacrements.

Certains ont pu dire au nom de cette liberté inscrite au coeur de l'Evangile que le christianisme était la religion de la sortie de la religion.

Je n'en sais rien, mais ce que je sais c'est que mes enfants savent où ils veulent et où ils ne veulent pas aller à la messe, et ça ne trompe pas. Nous avons les paroles de la vie éternelle et nous nous comportons comme des publicitaires en mal d'idées "choc".

Quand la franchise est dans le regard la vérité est dans le coeur, je n'ai jamais vu un accueil se faire quand l'exclusion était dans la parole.


La discussion

      La crise..., de Athanasios D. [2003-06-30 15:26:16]
          Re : "La crise...", de Tintin [2003-06-30 16:02:40]
              L'on, de Athanasios D. [2003-06-30 16:27:38]
                  Jéricho, Mexico, de Tintin [2003-06-30 16:58:41]
          Re : "La crise...", de Myster de Kerpolik [2003-06-30 16:48:16]