| Auteur : Athanasios D. |
| Sujet : La crise... |
| Date : 2003-06-30 15:26:16 |
« Je ferai de toi un pêcheur d'hommes. » Quelques priorités pour une pastorale des vocations (S.E. le Cardinal Darío Castrillón Hoyos)
"Le nombre des prêtres croît dans le monde grâce à la vitalité de plusieurs pays d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine où les séminaires sont combles. L'espérance est d'autant plus grande que ce nombre augmente globalement, malgré les difficultés sérieuses que connaissent quelques anciennes Églises du monde occidental.
Il faut cependant s'interroger sur la régression des vocations sacerdotales en quelques pays de l'Occident. D'où vient ce grave problème et comment l'affronter ? Si une analyse précise et complète reste difficile à entreprendre, quelques aspects peuvent être considérés.
Affronter les difficultés avec courage
Pour ce qui concerne la France, on remarque qu'environ 75% de la population vivait dans les campagnes entre les deux guerres, et bénéficiait d'écoles paroissiales qui mettaient la jeunesse, alors nombreuse, sous l'influence quotidienne du curé et de ses vicaires — car il n'était pas rare qu'un village comptât deux ou trois prêtres. Au début du vingtième siècle, on construisait, dans tel ou tel diocèse rural, un grand séminaire capable d'accueillir jusqu'à deux cents séminaristes, voire plus.
Après la deuxième guerre mondiale, plusieurs facteurs ont été la cause d'un changement radical de cette situation. En regroupant la jeunesse dans les gros bourgs, les écoles cantonales frai-chement créées la soustrayaient à l'atmosphère chrétienne des paroisses natales, lieu privilégié des vocations. De plus, un exode rural massif a rassemblé environ 75% de la population française dans les villes où elle a été confrontée à l'anonymat et à la perte des références chrétiennes. Cette population, anciennement rurale et profondément chrétienne, s'est peu à peu éloignée de l'Église. Le matérialisme ambiant, le changement global de la condition sociale, les difficultés rencontrées à l'intérieur de l'Église se sont ajoutés aux diverses causes qui ont vidé beaucoup de séminaires.
Les chrétiens, l'Église tout entière, ressentent douloureusement cette situation du fait du manque croissant des prêtres dans les paroisses. Faut-il se résigner ? Pour ne parler que des pays francophones, la vitalité de l'Église en France, en Belgique, au Canada durant les siècles passés, la fécondité des saints qui l'ont marquée de leur foi, de leurs œuvres, de leurs charismes, de leur martyre bien souvent, sont des raisons suffisantes pour croire et espérer que l'Esprit Saint, Maître de l'Église, n'a pas abandonné ces Églises et qu'il sait au contraire susciter les initiatives et l'énergie nécessaires pour répondre à l'attente spirituelle de notre monde en ce début du troisième millénaire."
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Pourquoi n'entend-on jamais parler de cela dans les sempiternelles analyses partiales et sommaires de la crise, même s'il est vrai qu'il est apaisant d'être persuadé de connaître les tenants et aboutissants de la crise aussi clairement que si on était pourvu de l'omniscience divine? N'assiste-t-on pas trop souvent à des jugements sommaires à l'emporte-pièce? Au XXème siècle - et particulièrement dans sa seconde moitié - on a assisté à tellement d'événements qui ont frappé les consciences (les "miracles de la Science" prophétisés à la Salette: "Que le Pape se tienne en garde contre les faiseurs de miracles, car le temps est venu que les prodiges les plus étonnants auront lieu sur la terre et dans les airs." à tel point que "même si quelqu'un ressuscite d'entre les morts, ils ne seront pas convaincus" (Lc 16, 31). Pourquoi met-on sur le dos d'un bouc-émissaire - dont on appelle la faillite totale avec force supplications -, des maux que ses détracteurs n'ont jamais eu à affronter sous cette forme? S'est-on souvenu que le Seigneur a promis à son Eglise l'assistance perpétuelle de son Esprit qui empêcherait que soit enseigné quelque chose de nuisible, voire même l'erreur? A-t-on pensé un seul instant que la situation était plus complexe que ce qu'on pouvait en appréhender orgueilleusement selon notre faible nature? . . .
Athanasios |
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