L’un des principaux reproches que l’on a pu lire sous la plume de certains théologiens traditionalistes contre la dernière encyclique du Pape est qu’elle ne rappelle pas le caractère propitiatoire du sacrifice de la messe.
Est-ce exact ?
Rappelons que la propitiation est le fait que le sacrifice est « capable d’expier nos péchés, et au moyen duquel notre Père céleste, trop souvent offensé d’une manière grave pour nos iniquités, pût être ramené de la colère à la miséricorde et des justes rigueurs du châtiment à la clémence. » (Catéchisme du Concile de Trente) Doctrine ainsi expliquée par Pie XII « En troisième lieu, le sacrifice se propose un but d'expiation, de propitiation et de réconciliation. Aucun autre que le Christ ne pouvait assurément offrir à Dieu satisfaction pour toutes les fautes du genre humain ; aussi voulut-il être immolé lui-même sur la croix " en propitiation pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier " (I Jn, II, 2). De la même manière, il s'offre tous les jours sur les autels pour notre rédemption, afin qu'arrachés à la damnation éternelle nous soyons inscrits au nombre de ses élus. Et cela non seulement pour nous qui jouissons de cette vie mortelle, mais aussi " pour tous ceux qui reposent dans le Christ, qui nous ont précédés avec le signe de la foi, et qui dorment du sommeil de la paix " (Missale Rom., Canon) ; en effet, soit que nous vivions, soit que nous mourions, " nous ne nous éloignons pas du seul et unique Christ " (S. Augustin, De Trinit., lib. XIII, c. 19). » (Mediator Dei)
Ce point est-il nié ou omis par l’encyclique ? Il apparaît que ce n’est pas le cas. En effet, selon l’encyclique « L'efficacité salvifique du sacrifice se réalise en plénitude dans la communion, quand nous recevons le corps et le sang du Seigneur. Le Sacrifice eucharistique tend en soi à notre union intime, à nous fidèles, avec le Christ à travers la communion: nous le recevons lui-même, Lui qui s'est offert pour nous, nous recevons son corps, qu'il a livré pour nous sur la Croix, son sang, qu'il a « répandu pour la multitude, en rémission des péchés » (Mt 26, 28). » (n° 16) « Dans l'épiclèse eucharistique, l'Église demande ce Don divin, source de tout autre don. On lit, par exemple, dans la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome: « Nous t'invoquons, nous te prions et nous te supplions: envoie ton Esprit Saint sur nous tous et sur ces dons, [...] afin que ceux qui y prennent part obtiennent la purification de l'âme, la rémission des péchés et le don du Saint Esprit ». (n° 17)
Autrement dit, si le mot n’y est pas, la chose est bien enseignée, puisque qu’on nous dit que la messe offre le corps « livré pour nous » et le sang du Christ qui est répandu « en rémission des péchés ». Par ailleurs, l’encyclique n’est pas à détacher des autres documents récents du saint Siège et en particulier du Catéchisme de l’Eglise catholique : « 1367 Le sacrifice du Christ et le sacrifice de l’Eucharistie sont un unique sacrifice : « C’est une seule et même victime, c’est le même qui offre maintenant par le ministère des prêtres, qui s’est offert lui-même alors sur la Croix. Seule la manière d’offrir diffère » (Cc. Trente, sess. 22a, Doctrina de ss. Missae sacrificio, c. 2 : DS 1743). « Et puisque dans ce divin sacrifice qui s’accomplit à la messe, ce même Christ, qui s’est offert lui-même une fois de manière sanglante sur l’autel de la Croix, est contenu et immolé de manière non sanglante, ce sacrifice estvraiment propitiatoire » (ibid.). »
« 1371 Le sacrifice eucharistique est aussi offert pour les fidèles défunts " qui sont morts dans le Christ et ne sont pas encore pleinement purifiés " (Cc. Trente : DS 1743), pour qu’ils puissent entrer dans la lumière et la paix du Christ »
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