| Auteur : Athanasios D. |
| Sujet : De rien... |
| Date : 2003-06-05 18:00:45 |
Quelques réactions...
1. La question est alors de savoir si le privilège des "Ecclesia Dei" ou autre Campos se limitent aux livres liturgiques et s'ils sont sujets de la discipline ecclésiastique actuelle. Je pense que juridiquement parlant, c'est le cas. En sachant que la liturgie est parfaitement orthodoxe (voir 2.), pourquoi refuser la "concélébration, qui manifeste heureusement l'unité du sacerdoce" (SC), usage ancestral s'il en est, surtout pour le Jeudi-saint et la messe chrismale, si les autres églises rituelles le font?
2. Nous sommes d'accord sur la liturgie, magistère ordinaire infaillible de l'Eglise.
3. Je maintiens (sans mauvaise volonté pour le Cal Ratzinger qu'il y a un procès d'intention dans cet extrait. Je ne pourrai l'expliquer mieux que dans le post précedent, sinon en épluchant les déclarations du même Cal qui vont en ce sens. Je fais appel à un liseur philologue pour analyser l'extrait...
4. Comparer les 2 missels va à contresens de ce texte si vous le lisez bien. Le problème de cette "confrontation" des deux Ordo Missae, tout aussi orthodoxe l'un que l'autre puisqu'ils relèvent du magistère ordinaire infaillible, vient du fait qu'on les assimile abusivement à une catéchèse alors qu'ils ne sont pas - comme il a été dit - d'abord un enseignement dans lequel on pénètre par voie spéculative. Cependant, si le NOM (ou plutôt ce qu'on appelle abusivement le NOM) est inférieur au VOM, c'est uniquement en vue de "la communication du salut" (et non de l'orthodoxie) parce que les rites ne sont pas (encore) "opportunément accomplis, par des ministres qualifiés, pour ce en vue de quoi ils ont été institués" afin qu'ils "deviennent liturgie."
Mission impossible? Avec D. Crouan, je ne suis pas de cet avis, Rome non plus apparement qui prépare un document disciplinaire à cet effet concernant le NOM. Souvenons-nous que la France n'a pas eu de liturgie correspondant aux livres liturgiques depuis 1667 jusqu'au moins 1875. Entre ces 2 dates, les missels gallicano-jansénistes dont chaque ville du royaume avait sa version particulière pouvaient-ils prétendre à l'appellation de missel "saint Pie V"? De même, en ce qui concerne les évêques et les prêtres qui n'observent pas les prescriptions du rituel actuel, on ne peut dire que c'est le NOM. Pour reprendre le titre d'un ouvrage de D. Crouan, on est dans le cas d'une "liturgie confisquée".
Pourquoi avoir institué le NOM? Parce que "la participation active du peuple à la liturgie était tombée en désuétude plus ou moins complète depuis le moyen âge : les fidèles y étaient étrangers, parfois privés même de la vue de l'autel par des murs et jubés fermant le choeur, donc dans une condition pire que les "spectateurs muets" dont se plaindra Pie XI (...) Active, la participation doit être aussi "intelligente", selon la consigne de Pie XII: l'action liturgique est un signe, à travers lequel la foi doit atteindre le mystère divin qu'elle accomplit; elle exige attention religieuse: l'esprit du fidèle doit être en accord avec sa voix lorsqu'il chante ou dialogue, il doit faire sienne la prière du célébrant qu'il écoute; il doit entendre avec une âme docile la Parole de Dieu. Il lui faut donc recevoir l'intelligence des rites et des textes, ce qui exige tout un ensemble de tâches pastorales, en particulier la catéchèse, la diffusion de livres adaptés, les interventions d'un commentateur, et lorsque l'Eglise le permet, la traduction des formules dans la langue des participants. Le droit et le devoir qu'ont les fidèles de prendre une part active à la liturgie se fonde sur le baptême qu'ils ont reçu, dont le caractère, selon l'enseignement de saint Thomas, les députe au culte divin. Le peuple chrétien est un peuple royal et sacerdotal, ayant part selon sa condition, au sacerdoce du Christ. (...) L'assemblée liturgique n'est pas davantage une réunion comme celle des spectateurs dans un théâtre: il n'y a pas de spectateurs, il n'y a que des acteurs; et elle atteint à une unanimité intérieure et exprimée qui, loin d'aliéner la liberté de chaque membre, en est le fruit sous la motion de l'Esprit Saint." (in "L'Eglise en prière"- Introduction à la liturgie sous la direction d'A.-G. Martimort" paru en 1961)
C'est une des raisons, et elle semble suffisante. En effet, en tant qu'elle "est sacrifice, (...) l'eucharistie a une puissance satisfactoire. Mais dans la satisfaction on considère davantage le sentiment de l'offrant que la quantité de l'oblation. Aussi le Seigneur dit-il en S. Luc (21, 4), au sujet de la veuve qui avait offert deux piécettes, qu'elle " a donné plus que tout le monde ". Aussi, bien que cette oblation de l'eucharistie, quant à sa quantité, suffise à satisfaire pour toute la peine, cependant elle a valeur satisfactoire à l'égard de ceux pour qui elle est offerte, ou même à l'égard de ceux qui l'offrent, selon la quantité de leur dévotion, et non pour toute la peine." (IIIa, Q. 79, a. 5)
Pourquoi se contenter du rit traditionnel si on peut avoir le NOM "bien dit" qui permet au peuple d'augmenter la valeur satisfactoire du sacrifice par une participation plus active et intelligente? La nature même de la liturgie le demande, et la réforme a oeuvré pour répondre autant que possible à cette nécessité.
Par ailleurs, considérer le VOM au même titre que les rites orientaux indépendants, en vue d'une libéralisation, me semble une idée étrangère à Rome. Celle-ci ne semble pas un instant vouloir ériger le VOM en église rituelle, au même titre que les autres rites de l'Eglise catholique, parce qu'il ne peut y avoir deux rites pour une même église rituelle. Il y a un rite pour les coptes, un rite pour les éthiopiens, un rite pour les chaldéens, un rite pour les maronites, etc. C'est donc une erreur que de croire qu'il pourrait y avoir 2 rites pour les latins en pensant que cela va de soi comme pour les autres églises rituelles.
Il y aurait encore bien des choses à dire, cela demeure encore superficiel... Mais le devoir d'état qui m'incombe m'empêche d'aller plus avant.
Athanasios
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