| Auteur : Justin Petipeu |
| Sujet : Merci |
| Date : 2003-06-05 13:03:59 |
1. Je veux dire qu'il n'est pas nécessaire au prêtre de concélébrer pour être en unité avec le pape et l'Eglise. Vous comprendrez que les références que vous me donnez et qui sortent de l'Institutio Generalis de 1974 ne me concernent pas trop. Oui, je sais, c'est malheureux, mais c'est comme ça ; sinon, j'irais aussi à la messe du NOM. Je pense que vous le comprenez.
2 et 3. Je crois qu'il faut différencier la lettre et l'esprit. Que les conditions réglementaires de l'évolution de la liturgie dépendent du pape, celà me paraît une évidence, tout comme à vous. Je m'appuyais sur la pensée du cardinal qui prônait la mise en lumière du développement homogène de la liturgie....Celà ne veut pas dire que le pape n'a rien à y voir mais qu'il ne peut non plus "réformer" arbitrairement en quantité ou en qualité les rites. Peut-être pouvons-nous comparer celà avec le langage, par exemple...Aucun chef d'Etat n'aurait l'idée de modifier les règles de la grammaire et de l'orthographe du jour au lendemain et d'imposer sa réforme par la violence. Si l'imparfait du subjonctif n'est plus guère employé et que le passé simple tombe en désuétude, c'est tout simplement parce qu'ils ne sont plus usités, mais personne ne l'a décidé arbitrairement, quoiqu'il soit toujours permis de les employer. C'est tout l'inverse de la réforme paulinienne.
Sur la liturgie, organe le plus important du magistère, je me suis en effet trompé. Vous avez donc raison. Reste à savoir si la réforme paulinienne est légitime ; et à mon avis elle ne l'est pas, pour les raisons évoquées ci-dessus et par le cardinal Ratzinger : Paul VI n'a pas été au service de la liturgie, mais en a été le réformateur au sens luthérien du terme. C'est aussi le cardinal qui parle de liturgie "fabriquée", ce qui est plus qu'évocateur. Votre nuance sur "l'impression", excusez-moi, mais je ne la reçois pas ! Si le cardinal se paye le luxe d'écrire ça 30 ans après la réforme, celà correspond bien au NOM et non à une impression. Maintenant, vous pouvez en rester à l'impression, mais le NOM tel qu'il existe et je n'en connais pas d'autre, est bien réel...
4. Le texte que vous citez va plutôt dans mon sens...non ? Il y aurait beaucoup à dire sur la communication du salut dans la comparaison des deux rits, mais celà nous ramènerait au même débat de fond : le NOM est inférieur en tout au rit traditionnel. Pourquoi l'avoir "créé" ?
Au sujet de Denis Crouan, je ne suis pas du tout d'accord avec vous. Observons calmement ce qui se passe aujourd'hui : D'un côté, une grosse majorité d'évêques et de prêtres qui se moquent de la liturgie et l'ont transformée en animation pastorale. Ceux-là utilisent le NOM. Vous pouvez dire qu'ils l'utilisent mal, etc...mais en tout cas, ils l'utilisent. De l'autre côté, ceux qui aiment la liturgie et la prennent pour ce qu'elle est : Opus Dei. Acte de culte et d'adoration. Ceux-ci utilisent le rit traditionnel et/ou réclament sa libéralisation et n'en veulent pas d'autre.
Du côté de Rome : remettre de l'ordre dans le NOM et libéraliser le rit traditionnel. L'interview du cardinal Arinze n'est pas une rumeur, à moins que ce soit une manoeuvre, mais je ne le crois pas. 1° libéraliser le rit traditionnel : ça se fera tout seul. le célébrera qui veut. Et qui ne veut pas ne le célébrera pas, mais il y aura un net progrès. 2° Remettre de l'ordre dans le NOM : mission impossible. Mon sentiment est que les évêques se foutent pas mal de la libéralisation du rit traditionnel, qu'ils considèrent de toute façon comme fini et dépassé. Par contre, voilà 30 ans qu'ils célèbrent le NOM comme ils le veulent, malgré tous les rappels, car il y en a eus. Rien ne changera, c'est la seule certitude que nous ayons aujourd'hui...Je crois que c'est en 1984 que les absolutions collectives ont été fermement interdites sauf cas d'exception classiques et dans mon diocèse, elles sont toujours célébrées avec le soutien de l'évêque.
Entre les deux : les partisans du "NOM bien dit". Position purement intellectuelle et qui ne s'exprime que dans les livres et certainement pas dans les églises. Il n'y a pas de prêtres pour dire le "NOM bien dit". Ceux qui sont ou seront tentés de le faire glissent ou glisseront rapidement et naturellement vers le rit traditionnel. Pourquoi se contenter du NOM quand on peut avoir le rit traditionnel ? Je n'ai pas pris Crouan à parti, j'ai dit qu'il était sur une voie de garage. Il me semble en effet que sa position n'a pas d'avenir...Celà ne sert à rien de s'y accrocher, surtout que, une fois encore, elle n'existe pas dans les faits.
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