Importantes déclarations
du CARDINAL ODDI
sur le Troisième Secret de Fatima
Intégralement tiré du périodique "Medjugorje" n. 40 JulletAoût 1991
C'est assurément le troisième secret de Fatima qui a le plus frappé l'intérêt des catholiques du monde entier ces dernières années. On se demande comment estil possible que l'Eglise, tout en ayant reconnu les apparitions de Fatima, ait caché ce message alors que la Madone avait demandé qu'il soit divulgué en 1960 déjà.
«Ce problème a également attiré ma curiosité» révèle le Cardinal Silvio Oddi, qui fut l'influent Président de la Congrégation du Clergé. Le Cardinal Oddi a fait des déclarations intéressantes et inédites, que nous reproduisons ici, dans le journal italien "30 giorni":
«Je me suis toujours intéressé ditil ainsi que tous les fidèles et les prêtres, au troisième secret de Fatima. Comme nous savions qu'il ne devait pas être révélé, sauf si Soeur Lucia devait mourir avant 1960, tous attendaient que cette année arrive. Mais 1960 arriva s'écoula, et rien ne fut annoncé. Moi, j'étais alors le secrétaire du Pape Jean XXIII, lorsqu'il était à Paris, et je profitais de nos contacts familiers pour lui parler franchement en ces termes:
"Très Saint Père, il y a une chose que je ne peux vous pardonner".
"Qu'estce que c'est?" me demandatil.
"D'avoir tenu le monde en suspens pendant tant d'années, d'avoir vu arriver l'année 1960, et laissé les mois s'écouler pour finalement ne plus entendre parler de ce secret".
Le Pape Roncalli me répondit:
"Ne m'en parle pas".
Je répondis:
"Moi, si vous le voulez, je n'en parlerai plus, mais je ne peux empêcher les gens de le faire. L'intérêt est spasmodique; j'ai fait au moins une centaine de sermons et de discours pour annoncer cette révélation".
"Je t'ai dit de ne plus m'en parler".
Je n'ai plus insisté, mais je voulais en savoir plus. Je suis donc allé chez son secrétaire privé, Mgr Capovilla, et je lui ai demandé:
"Avezvous ouvert le troisième secret?"
"Oui, nous l'avons ouvert".
"Qui était présent?"
"Il y avait le Pape me révélatil le Cardinal Ottaviani et moimême, mais ensuite, comme nous n'arrivions pas à le comprendre, puisqu'il était écrit à la main et en portugais, nous avons fait appel à un prélat portugais qui travaillait au Secrétariat de l'Etat.
Le texte du secret était arrivé au Vatican par l'entremise de l'évêque de LeiriaFatima. L'évêque, durant la seconde guerre mondiale, craignant que le Portugal ne soit entraîné dans le conflit et le secret détruit, ègaré ou révélé, l'apporta à Rome et demanda au Saint Siège d'en prendre soin. Il avait été conservé pendant un certain temps au Portugal à la nonciature. Apres l'avoir lu, le Pape Rocalli l'a remis dans son coffrefort. Pie XII, au contraire, si j'en crois ce qui m'a été dit, ne l'aurait jamais lu. Le premier à avoir ouvert l'enveloppe fut Jean XXIII en 1960.»
Mais pourquoi ce dernier ne l'atil pas publié?
«Moi, continua le cardinal Oddi qui connaissais très bien le Pape Jean, je suis persuadé que le secret ne concernait pas quelque chose de beau et Roncalli ne voulait pas entendre parler de malheurs et de punitions. Je pense donc qu'il contient des mots qui sonnent comme prohibition, punition et désastre.
En 1985, une fois de plus, j'ai eu l'occasion de m'intéresser au secret de Fatima. Le 13 mai, j'étais à Fatima pour la messe à laquelle assistaient un million de personnes. Puisque j'étais à Fatima, je suis allé chez Soeur Lucia. Pendant une heure je me suis entretenu avec elle et je lui ai dit:
"Je ne veux pas connaître le secret. Ce qui m'intrigue c'est pourquoi il n'a jamais été divulgué. Pouvezvous me le dire? Je voudrais savoir également si vous en avez parlé lorsque le Pape est venu ici" (le Pape était à Fatima le 13 mai 1982 N. de R.)
"Oh oui! réponditelle nous en avons parlé longuement".
"Et qu'avezvous décidé?"
"De ne pas le publier".
"Pourquoi? je lui demandai peuton savoir pourquoi?"
"Parce qu'il pourrait être mal interprété».
Ainsi conclut le Cardinal Oddi:
«A ce sujet, je prends la liberté d'émettre des hypothèses: que le troisième secret de Fatima annoncait quelque chose de grave que l'Eglise aurait faite, évidemment sans le vouloir; ou que par le biais d'interprétations erronées, de désobéissances ou d'une action du genre, l'Eglise aurait traversé un moment plutôt diffcile; le secret dit peutêtre aussi, que dans les années soixante et malgré les meilleures intentions, l'Eglise aurait fait quelque chose dont les conséquences auraient été très douloureuses, entraînant ainsi une immense diminution de la pratique religieuse. Et que, par la suite, à cause de graves souffrances la foi serait revenue. Oui, cela pourrait être le contenu du secret. Mais s'il en était réellement ainsi, ce secret serait déjà connu parce que la crise de l'Eglise est visible à tous. Il y a bien des années que les esprits les plus éveillés en sont conscients».