déplaise à toutes les autruches. La réaction des évêques suisses vaut des tomes à elle seule. Imaginez un instant que, au lieu de rappeler d'élémentaires vérités en matière d'eucharistie, la dernière encyclique du pape se fût penchée sur la peine de mort, par exemple, et eu conclu à son illégitimité. Les épiscopats "progressistes", dont c'est là un des dadas, se seraient fendus en protestations de fidélité et malheur à qui aurait voulu faire remarquer que tel n'est pas l'enseignement constant du magistère.
Nous touchons là du doigt ce que vaut "la pleine communion avec le pape" à notre époque. C'est un chiffon de papier qui ne veut plus rien dire.
Autre chose : Minute se laisse aller à cogiter sur les surprises que pourrait bien apporter la fin du pontificat, où nous verrions peut-être la victoire des "conservateurs" sur les "progressistes" vieillissants. Outre que nous appellions la chose de tous nos voeux, il y a fort à méditer sur ces soudains prurits "d'aggiornamento" qui saisissent la Fiancée du Christ de ci de là. En voulant s'enligner sur les valeurs du monde, l'Église ne réussit qu'à se ridiculiser. Les modes ne sont vraiment pas sa tasse de thé et encore moins son bol de soupe.
Minute remarque que, vingt ans après tout le monde, l'Église commence peut-être à prendre son "virage conservateur", à se débarasser des oripeaux de la révolution décadente de l'après-guerre. Il me revenait en mémoire ces "cours de catéchèse" qu'on nous dispensa, cours qui firent perdre la foi à toute ma génération. Les thèmes qu'on y abordait semblaient toujours en retard d'une, voire de deux guerres, tant il sautait aux yeux que les "problématiques" sur lesquelles on nous demandait de cogiter sortaient tout droit du terreau existentialiste genre St-Germain-des-Prés ou des ébauches de gyrovagations chères aux "beatniks" de la fin des années cinquante. Des "animateurs de pastorale" à la ptose abdominale déjà accusée ou à la mamelle tombante se ridiculisaient en voulant jouer au "jeunes". Nous avions le sentiment qu'on nous servait là de vieux programmes plus ou moins concoctés en secret dans les officines "avancées" du temps de Pie-XII et ressortis intacts des tiroirs où il avaient été enfouis à l'occasion du "renouveau" où d'aucuns avaient voulu engager l'Église. Avec le recul, je m'apperçois que le ton prédominent y trahissait son libéral très gauchisant et que le Christ n'y apparaissait que rarement, presque toujours à contretemps, comme si l'on avait voulu le faire adopter subrepticement, presque sournoisement à ceux qui étaient de moins en moins préparés à le recevoir.
L'Église se meurt de ces "vieux progressistes" et de leur "héritage spirituel", de la défection de cette génération qui a cru avoir mieux compris et pouvoir mieux faire que toutes celles qui l'avaient précédée. Et il en est ainsi parce qu'elle a à toutes fins pratiques perdu la foi catholique. Elle se cabrera donc au moindre rappel de la foi de toujours, elle se hérissera chaque fois que l'on voudra s'éloigner de la voie qu'elle a tracée.
Ainsi donc, loin d'être une "manie", cette perception du "clivage" qui affecte aujourd'hui l'Église demeure au centre même des luttes qui y continuent. Ce n'est pas en prétendant qu'il n'existe pas, ce n'est pas en invoquant une unité factice que l'on crèvera l'abcès.
In Christo,
PGM
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