| Auteur : Ioannes |
| Sujet : Une réponse un peu longue |
| Date : 2003-05-07 13:58:03 |
En guise de réponse à XA, je trouve très judicieuse la réflexion numéro 4 de Justin Petipeu et c'est pourquoi je la recopie ci-dessous en référence, en n'oubliant pas d'y souscrire. (J'en profite pour souligner en passant que les analyses de M. l'abbé Barthe sont toujours d'un grand intérêt.)
Il est en effet certain que sont intellectuellement malhonnêtes (ou très mal informés ou encore sourds et aveugles) certains catholiques d' 'Ecclesia Dei' ou à la mode Opus Dei, qui crient au "schisme de Mgr Lefèbvre" sans aller plus en profondeur. Car la question est beaucoup plus large et complexe, et l'Affaire Lefevre reste inintelligible pour qui n'adopte pas la perspective d'un abbé Barthe. Ainsi, à mon avis, les heurs de la Fraternité Saint-Pie-X ne sont que l'illustration d'un drame religieux aux proportions parfaitement considérables - un drame qui lui-mêmem s'inscrit dans un contexte de crise de civilisation. Il suffit de lire la moindre étude d'Émile Poulat pour s'en assurer.
Sur le plan naturel, ce drame religieux possède deux aspect principaux et connexes : un drame au niveau des idées et des structures les incarnant, et un drame humain. (Je note, au passage, que l'on parle trop peu de ce drame humain et des souffrances parfois indicibles de millions de catholiques depuis 40 ans.) Le drame lui-même ne procède nullement de la Fraternité, puisque celle-ci est postérieure à celui-là. Ne l'oublions pas.
Parmi les conséquences de ce drame, ils faut bien, je l'admets sans équivoque, compter une aigreur et un durcissement chez certains prêtres de la Fraternité et les fidèles dont ils ont charge. C'est un fait dont j'ai personnellement fait l'expérience, voire même les frais. C'est en outre un état des choses que je combats. Mais c'est aussi et surtout quelque chose de compréhensible et, humainement parlant, d'inévitable.
Quoi qu'il en soit, je m'oppose à ce que l'on fasse de cet état des choses le problème fondamental et la question essentielle. Les faits son autres : la crise vint de Rome ; la solution ne viendra pas d'ailleurs. Selon mon expérience, et pour autant qu'ils existent du tout, les membres et fidèles de la Fraternité Saint-Pie-X qui croient que la solution viendrait d'elle-même sont bien peu nombreux. Humainement, ils ont été blaissés, certes, mais ils n'en demeurent pas moins Catholiques romains - et non des moindres.
Excusez-moi de ne pas savoir m'exprimer brièvement.
/Ioannes
---- 4° Ce genre de situation est devenu le lot de l'Eglise universelle post-conciliaire...Les théologiens de "La Croix" ne se gênent pas pour dire à leurs lecteurs que la dernière encyclique est une régression ! Vos prêtres de la FSSP ne se gênent pas pour refuser de concélébrer le NOM, contrairement à ce que le cal Hoyos leur a demandé. Je ne parle même pas des mouvements genre "nous sommes l'Eglise", etc... Bref, comme l'indiquait l'abbé Barthe à la fin de "Trouvera-t-il encore la Foi sur Terre ?", le Concile a officialisé une sorte d'implosion qui ne cesse de s'étendre, de chapelle en courant... Je ne pense pas que la FSSPX, en cas d'accord, constitue un cas particulier. |
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