Chers liseurs, Les difficultés relationnelles entre la Fraternité St-Pie X et Rome ne datent pas d'hier. Elles ne remontent pas non plus à la seule année 1988. Non. Elles ont aujourd'hui près de 30 ans et avec elles plus d'une génération de catholiques a grandi dans cette ambiance de défiance et de méfiance vis-à-vis de Rome. A l'heure où l'on parle de façon toujours plus pressante de possibles rapprochements entre la dite Fraternité et les autorités romaines, je souhaiterais connaitre le point de vue des fidèles de la Fraternité St-Pie X. Comment envisagent-ils, comment appréhendent-ils cette éventuelle réconciliation ? Je sais : certains ont ici suffisamment témoigné du fait que pas une messe n'était célébrée sans qu'il soit fait prier pour le Pape. Je ne l'ignore pas. En revanche, il est clair que culturellement parlant, une génération au moins de catholiques a grandi avec cette idée que tout document pontifical se devait d'être lisu, relisu, analysé, décortiqué avant qu'on puisse dire s'il était ou non conforme à la Tradition catholique. Les dernières lettres apostolique et encyclique de Jean Paul II, Rosarium Virginis Mariae et Ecclesia de Eucharistia n'ont pas échappé à la règle. Que cette dernière ait pu recevoir un accueil plutôt positif de la part d'un Monseigneur Fellay voire de la rédaction de DICI n'empêche qu'une grille de lisure a été là encore définie, un peu comme pour rassurer chacun : "C'est une lisure correcte : vous pouvez consommer." Lorsque l'on est vraiment en pleine communion avec l'Eglise et qu'il n'y a plus d'opposition avec le Père, en l'espèce le Souverain Pontife, il me semble qu'une telle attitude n'est plus vraiment possible. Le Pape publie une encyclique : chaque catholique se doit de la lire et de la digérer. L'a priori d'un catholique digne de ce nom se doit d'être positif. Je reviens à mon idée : comment les fidèles de la FSSPX envisagent-ils cette perspective ? Comment envisagent-ils de modifier la disposition de leur coeur et celle de leurs enfants ? Y ont-ils pensé ? S'y préparent-ils ? Pensent-ils que cela se fera naturellement avec l'aide de la Grâce ? Ma question ne se veut nullement polémique et encore moins un piège. Je me suis même permis le luxe de soumettre ce message à un fidèle de la FSSPX pour m'assurer que mon propos ne pourrait être perçu comme blessant. Ce me semble être une vraie interrogation. Je n'oublie pas le fait que les fidèles de la FSSPX ne forment pas un bloc monolithique. Je sais que certains auront plus de facilité que d'autres. Je me remémore juste cette anecdote confiée par une plus relation qu'amie dont les enfants sont scolarisés dans une école proche de la FSSPX. Elle s'inquiétait de ces discussions qui étaient tenues dans la cour de récréation ou untel demandait à son fils "T'as vu la dernière idiotie du Pape ?" Demain, en cas d'accords, que je souhaite plus que tout, une telle attitude rangera ce type de catholiques au rang d'un Mgr Gaillot, d'un Terras ou d'un abbé de la Morandais. Les réponses des uns et des autres m'intéressent. D'avance, merci !
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