| Auteur : Nelly (217.128.124.xxx) |
| Sujet : trois confs : Etienne Couvert |
| Date : 2003-04-28 23:29:01 |
Trio de conférences de l’AFS (et consorts) sur la gnose et sa pénétration dans le milieu catholique.
Le lieu : une salle au sous-sol d’un centre de conférences un peu tristounet. Pas de buvette ! C’est beaucoup demander à des participants altérés, qui ne pourront s’abreuver malgré la présence dans le quartier de Findi, de la Fermette, du Pershing Hall ou du Man Ray (probablement fermé à cette heure-là .
Trois conférences prévues au programme : une sur la gnose _per se_, une autre sur la gnose chrétienne, une enfin sur la pénétration de cette gnose dans le milieu catho facho.
Le public : relativement âgé voire décati ; quelques jeunes qui ont une tête à poster des propos non consensuels sur le forum. La classe d’âge 30-50 n’est quasiment pas représentée. Le milieu semble aisé, ou tout le moins habillé correctement.
Etienne Couvert commence ; pour un lecteur de ses livres, la chanson est familière. La gnose est partout (« je la vois partout où elle est », dit l’intéressé . Intégration de son propos sur les manuscrits de la mer morte dans le reste (les trois livres « la gnose », « la gnose est partout », « elle est même là où vous ne pensez pas la trouver » .
Etienne Couvert parle sans notes, est pédagogue, intéressant. Sa passion de communiquer va jusqu’à raconter que l’abbé Carmignac avait traité ses travaux d’ « extravagances », ce qui jette un doute sur la qualité d’iceux. De fait, pour en juger, il faut lire St Irénée, Clément (que le bon M. Couvert appelle toujours en se fourchant la langue « St Clément » d’Alexandrie et nombre d’ouvrages patristiques, paléographiques, et érudits en général. Etienne Couvert nous en présente son « digest » ; il est si atypique qu’on a le droit de ne pas acquiescer.
Point positif : le personnage, que je suis depuis longtemps, est bien moins allumé ou excité que ses livres le laissent paraître. En fait,il semble même un tranquille adhérent de son AFC locale.
Autre point positif : pour la première fois, j’entends une explication sensée de l’interprétation du « ne nos inducas » et de ce qu’il veut dire.
Point négatif : depuis qu’il a écrit ses livres, il y a dix ans et plus, Etienne Couvert n’a rien changé, rien ajouté, rien retranché à son propos. Les références sont les mêmes qu’il y a longtemps, celles à Eiseman et Wise se trouvent déjà dans son quatrième opus. C’est comme s’il avait cessé de rechercher et vivait sur ses acquis. Comme s’il ne se remettait pas en question.
A propos de questions, vient une séance croquignolette, où un auditeur n’avait pas saisi que tous les manuscrits murés n’étaient pas gnostiques (moi non plus, à vrai dire) ; et où un autre auditeur fort imposant, se lançant sur le « ne nos inducas », finissait par dire à plein poumons que la traduction du Pater l’irritait profondément. Il braillait comme un goret, le digne auditeur, et eût Mgr Lustiger été là, je n’aurais pas donné cher de sa calotte.
Bravo, cher ami, vous avez bien mérité du mouvement tradi pour avoir amélioré son image de marque.
(à suivre) |
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