parue dans la Nef de mars 2001
Reproduite avec son aimable autorisation
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Dom Louis Demornex
Il Giornale du 18 janvier nous conte l'histoire édifiante de ce prêtre
français, ordonné en 1970, curé de plusieurs paroisses dans la région
montagneuse de Caserte en Italie. Depuis le 1er février 2000, ce prêtre
avait décidé de célébrer dans ses paroisses la messe selon l'ancien
rite, en
vertu du motu proprio Ecclesia Dei ; et il avait expliqué sa décision à
ses
paroissiens : « aujourd'hui les parcelles consacrées sont profanées,
elles
tombent sur le sol et sont piétinées .. et le prêtre ne se purifie pas
les
mains, ou alors se les lave et jette l'eau n'importe où . je ne peux
pas
célébrer la messe face aux fidèles, cela me distrait, je risque de
perdre
mon recueillement ; le rite tridentin n'est plus interdit, le pape
Jean-Paul
II l'a autorisé ». Voici un prêtre qui n'a jamais célébré selon
l'ancien
rite mais qui y trouvant révérence et piété décide de le célébrer pour
un
meilleur bien.
La réaction de son évêque, Mgr Antonio Napoletano, ne se fit pas
attendre ;
le 6 mai dans une lettre, il l'accusa de célébrer d'une manière
archaïque :
« j'ai appris que vous vous éloignez fortement des dispositions
liturgiques
en vigueur » et que vous célébrez « l'eucharistie le dos aux fidèles
contrevenant ainsi à la constitution apostolique de Paul VI par
laquelle le
missel réformé fut promulgué en adéquation avec les orientations du
concile . vous êtes libre de choisir un autre diocèse qui conviendra
mieux à
vos idées ».
Le lendemain, la mort dans l'âme, le père Demornex annonça son départ
dans l
'obéissance, à ses paroissiens en leur demandant pardon si il leur
avait
fait du mal. Mais ceux-ci ne purent s'y résoudre et s'adressant à
l'évêque
en réunissant en quelques heures le témoignage écrit de centaines d'
habitants des villages desservis par ce prêtre « quand le père Louis
est
arrivé, peu de personnes allaient à la messe ou fréquentaient les
sacrements, maintenant la participation est massive ». Au bout de
quelques
jours, l'évêque revint sur sa décision et le père Demornex put
reprendre son
apostolat paisiblement « pour moi le plus important n'est pas l'ancien
rite
mais ce qu'il contient » affirma-t-il.
Cette belle histoire, faite de pauvreté, de piété, d'obéissance
douloureuse
est là pour nous montrer qu'un apostolat en faveur de la liturgie
tridentine, ne peut s'effectuer qu'en Eglise, dans le respect de
l'autorité
et des personnes, dans le calme, la paix, la souffrance intérieure
parfois
mais que c'est là le moyen d'en faire rayonner les richesses jusqu'aux
plus
humbles.