Ce sont des extraits des Soirées et l’on ne retient que les réponses du comte, en omettant la défense (certes naïve) de Voltaire à laquelle se livre le Chevalier. Les Soirées de Saint-Pétersbourg mettent en scène des conversations, d’où une certaine liberté de ton et la volonté affichée de choquer le bourgeois.
« Le Sénateur : (…)Je voudrais vous faire part d'une réflexion qui me vint un jour en lisant un sermon de votre admirable Bourdaloue; mais j'ai peur que vous ne me traitiez encore d'Illuminé.
Le Chevalier : Comment donc, encore? jamais je n'ai dit cela. J'ai dit seulement, ce qui est fort différent, que si certaines gens vous entendaient, ils pourraient bien vous traiter d'illuminé. D'ailleurs il n'y a point ici de certaines gens; et quand il y en aurait, quand on devrait même imprimer ce que nous disons, il ne faudrait pas s'en embarrasser. Ce qu'on croit vrai, il faut le dire et le dire hardiment; je voudrais, m'en coûta-t-il grand'chose, découvrir une vérité faite pour choquer tout le genre humain: je la lui dirais à brûle-pourpoint. »
(Troisième entretien)
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