| Auteur : PGM (216.162.67.xxx) |
| Sujet : Re : la soumission à l'Etat |
| Date : 2003-03-19 12:35:17 |
en fait, vous soulevez tout le problème de l'attitude du chrétien vis-à-vis un état qui ne l'est pas. Elle sera surtout marquée par ce qu'il convient d'appeler la "politique du moindre mal". En effet, et l'histoire le prouve abondamment, une résistance tout azimuth entraine souvent plus de maux qu'elle n'en règle, et souvent pour des questions de détails. Par contre, la vérité et l'éthique élémentaire, voire le simple bon sens ne perdent jamais leurs droits et il est des limites en-deça desquelles on ne saurait reculer sans graves dangers. Les limites ne sont pas toujours faciles à définir, je vous le concède.
Du reste, bien avant Nicée, st-Paul déjà recommandait une attitude plutôt civile, qui ne dégénérait pas en constant affrontement. Le socle de cet enseignement consistait en ce que "tout pouvoir vient de Dieu" ( "Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir s'il ne t'avait été donné par mon Père qui est aux cieux" , même les plus maléfiques (Satan, par exemple). Mais il faut savoir faire le départ. Un bon exemple demeure la lutte des Machabbées.
Le chrétien reste par nature un doux et un pacifique, un "humble de coeur" même si nous ne sommes pas toujours des plus représentatifs de la chose sur ce forum, mais convenez que les questions en jeu imposent parfois un surcroit de "mobilisation" . Il y a grand risque de tomber dans l'agitation aux profit de fins instrumentalisées par d'autres qui ne nous sont guère favorables qui plus est. Les années soixante et soixante-dix demeurent des cas d'espèce à ce titre où des catholiques, pris du prurit de l'après-concile, s'agitèrent en faveur de causes plus ou moins défendables au nom de "la lutte contre les injustices" comme vous l'écriviez, se retrouvant plus souvent qu'autrement les dupes de courant qui n'avaient pour eux que mépris. C'est peut-être en ayant celà à l'esprit que l'Apôtre écrivit ce qu'il écrivit.
Néanmoins, il y a dans vos affirmations une critique sous-jacente assez féroce si l'on n'y prend garde, de type très protestant, c'est indéniable, à l'effet que l'Église s'est magistralement trompée durant près de 17 siècles, et avec elle les saints, sur une attitude fondamentale du chrétien face au monde. C'est assez difficile à avaler, quoique assez tentant en cette époque trouble qui est la nôtre.
In Christo,
PGM
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