Je reconnais que mon intervention n'était pas argumentée. Il m'est arrivé par exemple de donner sur ce forum des éléments précis quant aux caractère sacrificiel du Novus Ordo Missae. Malheureusement je n'ai eu droit à chaque fois qu'à un silence gêné. J'ai eu l'impression, peut-être fausse, que l'imprécation était préférée au débat argumenté, et j'ai plus ou moins cessé d'intervenir. Mais de temps en temps la coupe déborde, quand je lis des contre-vérités assénées sur le ton de l'évidence. Mon message en était une manifestation. Veuillez m'en excuser.
Pour répondre sur le fond, je maintiens que je ne reconnais ni le Ovus Ordo Missae ni l'IGMR dans ce qu'en dit le texte cité. Il contient par exemple le passage suivant, et d'autres de sens voisin :
«" Le nouvel Ordo Missae, si l'on considère les éléments nouveaux, susceptibles d'appréciations fort diverses, qui y paraissent sous-entendus ou impliqués, s'éloigne de façon impressionnante, dans l'ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la sainte messe, telle qu'elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente, lequel, en fixant définitivement les " canons " du rite, éleva une barrière infranchissable contre toute hérésie qui pourrait porter atteinte à l'intégrité du mystère " (Bref examen critique)»
Cela me semble contredit par les passages suivants de l'IGMR :
«[II] 2. La nature sacrificielle de la messe, solennellement affirmée par le concile de Trente, en accord avec toute la tradition de l´Église, a été professée de nouveau par le IIe concile du Vatican, qui a émis, au sujet de la messe, ces paroles significatives: "Notre Sauveur, à la dernière Cène ?, institua le sacrifice eucharistique de son corps et de son sang pour perpétuer le sacrifice de la croix au long des siècles, jusqu´à ce qu´il vienne, et en outre pour confier à l´Église, son épouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection."
Ce qui est ainsi enseigné par le concile est exprimé de façon concordante par les formules de la messe. En effet, la doctrine signifiée avec précision par cette phrase d'un sacramentaire ancien, appelé léonien : "Chaque fois que nous célébrons ce sacrifice en mémorial, c´est l´oeuvre de notre rédemption qui s´accomplit", cette doctrine est développée clairement et soigneusement dans les prières eucharistiques: dans ces prières, en effet, lorsque le prêtre accomplit l´anamnèse, en s´adressant à Dieu au nom de tout le peuple, il lui rend grâce et lui offre le sacrifice vivant et saint, c´est-à-dire l´oblation de l´Église et la victime par l´immolation de laquelle Dieu nous a rétablis dans son Alliance, et il prie pour que le Corps et le Sang du Christ soient un sacrifice digne du Père et qui sauve le monde.
C´est ainsi que dans le nouveau Missel, la "règle de prière" (lex orandi) de l´Église correspond à sa constante "règle de foi" (lex credendi); celle-ci nous avertit que, sauf la manière d´offrir qui est différente, il y a identité entre le sacrifice de la croix et son renouvellement sacramentel à la messe que le Christ Seigneur a institué à la dernière Cène et qu´il a ordonné à ses Apôtres de faire en mémoire de lui; et que, par conséquent, la messe est tout ensemble sacrifice de louange, d´action de grâce, de propitiation et de satisfaction.
[III] 3. De même, le mystère étonnant de la présence réelle du Seigneur sous les espèces eucharistiques est affirmé de nouveau par le IIe concile du Vatican et les autres documents du magistère de l´Église dans le même sens et la même doctrine selon lesquels le concile de Trente l´avait proposé à notre foi. Le mystère, dans la célébration de la messe, est mis en lumière non seulement par les paroles mêmes de la consécration, qui rendent le Christ présent par transsubstantiation, mais encore par le sentiment et l´expression extérieure de souverain respect et d´adoration que l´on trouve au cours de la liturgie eucharistique. Pour le même motif, le peuple chrétien est amené à honorer d´une manière particulière, par l´adoration, cet admirable sacrement, le jeudi de la Cène du Seigneur et en la solennité du Corps et du Sang du Christ.
[IV] 4. Quant à la nature du sacerdoce ministériel, propre au prêtre qui, agissant en nom et place du Christ, offre le sacrifice et préside l´assemblée du peuple saint, elle est signalée, dans la forme du rite lui-même, par l´éminence de la place et de la fonction de ce prêtre. Les lois de cette fonction sont d´ailleurs énoncées, et expliquées clairement et abondamment, dans la préface de la messe chrismale du Jeudi saint, car c´est justement ce jour-là que l´on commémore l´institution du sacerdoce. Ce texte souligne le pouvoir sacerdotal conféré par l´imposition des mains; et l´on y décrit ce pouvoir lui-même en énumérant tous ses offices: il continue le pouvoir du Christ, Souverain Pontife de la Nouvelle Alliance.»
Si cette théologie de la messe est hérétique, en quoi l'est-elle ?
In Christo. |