Lu dans Le Monde :
Le projet d'attentat-suicide contre une mosquée.
Florian Scheckler connaissait Maxime Brunerie et il avait été entendu par la police à propos de l'agression du Père Bernard Berger. Il n'y avait pas directement participé mais le groupe s'était réuni à son domicile. D'après ses déclarations à la brigade criminelle, ce jeune homme d'une trentaine d'années voulait mettre fin à ses jours en se faisant sauter, à l'aide d'explosifs, dans une mosquée à l'heure de la prière du vendredi, pour tuer le maximum d'Arabes musulmans.
Florian Scheckler a été mis en examen par le juge antiterroriste Gilbert Thiel et placé en détention provisoire à la prison de la Santé, le jeune homme détenait, à son domicile, des produits explosifs confectionnés à partir de substances achetées dans le commerce, après avoir consulté des sites Internet. Il avait testé cette fabrication artisanale dans une forêt, sans succès. A ce jour, les enquêteurs n'ont pas établi l'existence d'éventuels complices.
Florian Scheckler a monté son projet d'attentat-suicide après la mort de Nicolas D., 16 ans, un ami de la mouvance d'extrême droite qui avait mis fin à ses jours, le 1er octobre 2002, en se tirant une balle dans la tête. Après une tentative de suicide consécutive à la mort de son ami, Florian Scheckler avait reçu la visite d'un prêtre de l'église intégriste Saint-Nicolas du Chardonnet. L'abbé Christian Bouchacourt reconnaît que le jeune homme fréquentait sa paroisse, de même que plusieurs de ses amis, dont Nicolas D. Néanmoins, affirme-t-il, "ce n'est certainement pas dans les sermons de Saint-Nicolas qu'il a puisé l'idée de faire sauter une mosquée. Nous condamnons fermement de tels actes."
Florian Scheckler travaillait au service comptabilité d'une agence de voyages, avenue des Champs-Elysées, à Paris. Selon son patron, c'était un employé "très ordonné, qui n'avait pas l'apparence d'un déséquilibré". "Il était très catholique et parlait tout le temps de religion, avec un côté boy-scout. Mais il ne faisait pas état de ses opinions d'extrême droite."
Fr. Ch. et X. T.
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