"La mesure est comble désormais: ce Pape exagère. Et le voyage de ces jours-ci [en Grèce, à Malte et en Syrie] le confirme. Jean-Paul II déforme le passé de l’Eglise, il expose celle-ci au risque d’être humiliée, il rend hommage à ses persécuteurs, il entend l’oecuménisme comme un syncrétisme, où une religion semble en va-loir une autre. Même si jusqu’alors elles n’ont pas osé se manifester à découvert, telles sont les humeurs qui règnent, telles sont les phrases qu’on peut entendre dans une partie de la Curie romaine en harmonie avec un ré-seau d’évêques ayant charge d’âmes. Seul le schématisme idéologique pousse encore de présumés ‘experts en affaires vaticanes’ à pré-senter Jean-Paul II comme un porte-drapeau de la ‘droite conservatrice’ et un adversaire de la ‘gauche progressiste’. En réalité, qui connaît la situation ecclésiale actuelle sait que, depuis un certain temps, il en est tout au-trement. Les troupes lefebvristes ne sont plus les seules à l’accuser de modernisme, d’héré- sie, de diffamation blasphématoire de l’his-toire de l’Eglise. Parmi les Congrégations, les Secrétariats, les Instituts de la machine catho-lique, les malaises et les soupçons vont crois-sant. Le cahier de doléances, déjà gros, se remplit chaque jour de nouveaux chefs d’ac-cusation. Ce n’est pas un mystère, lorsque Jean-Paul II parla, lors d’un consistoire, de son désir de demander pardon pour les ‘fautes’ de ses prédécesseurs, la majorité des cardinaux repoussa cette idée. Le Pape, alors, seul, passa outre: pourtant, l’approba-tion des ‘rogressistes’ fut accompagnée du silence hostile de vastes secteurs ecclésias-tiques, même non traditionalistes, mais pré-occupés de sauvegarder vérité et justice”.
Vittorio Messori, et forment l’incipit d’un le Corriere della Sera sous le titre Un grande pericolo [Un grand danger].
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