ici, c'était EA
BILLIG Marc -  2003-01-20 14:19:40

ici, c'était EA

"La mesure est comble désormais:
ce Pape exagère. Et le voyage de
ces jours-ci [en Grèce, à Malte et
en Syrie] le confirme. Jean-Paul II déforme
le passé de l’Eglise, il expose celle-ci au
risque d’être humiliée, il rend hommage à ses
persécuteurs, il entend l’oecuménisme comme
un syncrétisme, où une religion semble en va-loir
une autre. Même si jusqu’alors elles n’ont
pas osé se manifester à découvert, telles sont
les humeurs qui règnent, telles sont les
phrases qu’on peut entendre dans une partie
de la Curie romaine en harmonie avec un ré-seau
d’évêques ayant charge d’âmes. Seul le
schématisme idéologique pousse encore de
présumés ‘experts en affaires vaticanes’ à pré-senter
Jean-Paul II comme un porte-drapeau
de la ‘droite conservatrice’ et un adversaire de
la ‘gauche progressiste’. En réalité, qui
connaît la situation ecclésiale actuelle sait
que, depuis un certain temps, il en est tout au-trement.
Les troupes lefebvristes ne sont plus
les seules à l’accuser de modernisme, d’héré-
sie, de diffamation blasphématoire de l’his-toire
de l’Eglise. Parmi les Congrégations, les
Secrétariats, les Instituts de la machine catho-lique,
les malaises et les soupçons vont crois-sant.
Le cahier de doléances, déjà gros, se
remplit chaque jour de nouveaux chefs d’ac-cusation.
Ce n’est pas un mystère, lorsque
Jean-Paul II parla, lors d’un consistoire, de
son désir de demander pardon pour les
‘fautes’ de ses prédécesseurs, la majorité des
cardinaux repoussa cette idée. Le Pape,
alors, seul, passa outre: pourtant, l’approba-tion
des ‘rogressistes’ fut accompagnée du
silence hostile de vastes secteurs ecclésias-tiques,
même non traditionalistes, mais pré-occupés
de sauvegarder vérité et justice”.

Vittorio Messori, et forment l’incipit d’un
le Corriere della Sera sous le titre
Un grande pericolo [Un
grand danger].