Votre serviteur ne parvient pas à distiller des textes conciliaires ce que le concile reproche à la liturgie alors en vigueur (en théorie/en pratique) : il prend comme acquis qu'il faut "restaurer la liturgie" et "réformer les livres liturgiques", mais sans expliquer pourquoi une restauration s'imposait et ce qu'il convenait de réformer.
Quand je lis les principes généraux émis par V2 ("l'esprit du concile", et sa lettre aussi), je ne vois RIEN (nihil, niente, nada, nichts, niets, nothing, schnoll) qui soit contraire au rit(-e?) dit de Saint Pie V, à part peut-être une plus grande ouverture vers la langue vernaculaire (et encore : la seule homélie en langue vernaculaire peut suffire pour être conforme à V2 ; le reste n'est qu'affaire de formation à la liturgie -et formation religieuse tout court-, formation qui se fait ... hors de la liturgie).
Qu'a dit précisément Marcel Peres ? (je l'ai entendu à un concert : bof ! un expert, lui ?! On dirait qu'il ne comprend rien à ce qu'il chante, et en plus il faisait du syncrétisme avec des Mohamétans ; je préfère de -très- loin l'ex-abbé Poisblaud dans son CD de requiem de 1994 et le Choeur Grégorien de Paris, ainsi que les abbayes de Fontgombault et Flavigny)
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A propos d'unification et d'éclatement liturgique : que pensez-vous du graduel simplex, dont personne ne parle jamais, et que personne n'utilise jamais ? Il a été édité pour les "communautés plus petites" et contient des "mélodies grégoriennes plus faciles" que celles du Graduel. Je viens d'en voir un exemplaire. Il me semble que, même si c'est édité par le Vatican lui-même, et que c'est en latin, il s'agit de mélodies fabriquées de rien (à part celles reprises du graduel romain), soit ce que reproche justement Adso à "la réforme" liturgique. De plus, il n'a pas de propre pour toutes les messes, mais seulement pour quelques Dimanches et fêtes, et le texte des chants, s'il est biblique, ne correspond ni au missel romain actuel, ni au graduel romain actuel, ni au graduel et missels "de Saint Pie V".
Il me semble que toutes ces innovations post-conciliaires (mais sont-elles conciliaires ?...) contribuent à l'éclatement liturgique en ce qui concerne non seulement les mélodies, mais surtout le texte des chants (donc des prières, donc de la Messe elle-même). Ainsi, en allant à la Messe nous pouvons avoir 5 verions différentes :
1. SPV 2. NOM + chants du Missel romain (chantés ou dits) 3. NOM + chants du Graduel simplex 4. NOM + chants du Graduel romain (ou triplex) 5, 6, 7, ... NOM + n'importe quels chants (en effet, on peut chanter ce qu'on veut, il suffit que l'Evêque approuve, encore s'en passe-t-on volontiers, de cette approbation) |