| Auteur : Athanasios D. |
| Sujet : Petit extrait.... |
| Date : 2002-12-21 14:25:01 |
d'un bouquin ne faisant pas 100 pages (idem pour "La liturgie après Vatican II"
Bien à vous
Athanasios
Les distorsions. (extrait de "La liturgie confisquée" de Denid Crouan) Elles sont le fait de personnes privées. Si elles sont graves, c'est parce qu'elles ont altéré l'ordre liturgique voulu par Vatican II de façon si profonde, qu'elles ont fait perdre aux fidèles la notion-même de liturgie, c'est-à-dire la notion de rituel établi par l'Eglise. Les fidèles "n'ont plus conscience qu'il y a un "rite", c'est-à-dire une forme liturgique préétablie, et que la liturgie n'est elle-même que parce que ceux qui la célèbrent ne peuvent en disposer à leur guise" (Cal Ratzinger, La Célébration de la foi, Téqui). Sans cesse abusés par certains pasteurs, ils croient à tort que Vatican II a permis à chacun qui se sent inspiré d'inventer à sa guise des prières, des poèmes, des cantiques, des gestes, des signes. Est-il nécessaire de faire ici un catalogue des abus constatés dans une majorité de paroisses? D'autres l'ont fait, et il ne semble pas que cela ait changé beaucoup de choses. Contentons-nous de citer l'avertissement que donnait, en avril 1980, l'Instruction Inaestimabile Donum: les aspects positifs de la restauration liturgique "ne peuvent cacher la préoccupation avec laquelle on observe les abus très fréquents et de toutes sortes qui sont signalés dans diverses régions du monde catholique: confusion des rôles respectifs, particulièrement en ce qui se rapporte au ministère sacerdotal at aux rôles des laïcs (récitation indifférenciée et en commun de la prière eucharistique, homélie faite par les laïcs, communion distribuée par les laïcs tandis que les prêtres s'en dispensent); perte croissante du sens du sacré (abandon des orenements liturgiques, eucharistie célébrée en dehors des églises sans vraie nécessité, manque de respect anvers le Saint-Sacrement, etc.); méconnaissance du caractère ecclésial de la liturgie (usage de textes personnels, prolifération de prières eucharistiques non aprouvées, prières mises au service de buts sociopolitiques). Dans ce cas, nous nous trouvons en face d'une véritable falsification de la liturgie catholique: "Il se rend coupable de falsification celui qui, au nom de l'Eglise, célèbre le culte divin de manière opposée à celle qui est établie par l'Eglise en vertu de l'autorité divine et qui est traditionnelle dans l'Eglise". Tout ceci ne peut porter de bons fruits. Les conséquences en sont - et il ne saurait en être autrement - l'atteinte à l'unité de foi et du culte dans l'Eglise, l'insécurité doctrinale, et l'incertitude du peuple de Dieu et, de manière quasi inévitable, des réactions violentes. Les fidèles ont droit à une liturgie vraie, qui soit celle que l'Eglise a voulue et déterminée, en prévoyant aussi des possibilités éventuelles d'adaptations demandées par les exigences pastorales selon les divers lieux ou les divers groupes de personnes. Les expérimentations, les changements et le créativité indus désorientent les fidèles. (...)"
Ce document, en partie cité ici, faisait écho à une lettre de Jean Paul II écrite en février 1980, dans laquelle le Souverain Pontife faisait lui aussi état d"abus graves: "Le prêtre comme ministre, comme célébrant, comme étant celui qui préside l'assemblée eucharistique des fidèles, doit avoir un sens particulier du bien commun de l'Eglise, qu'il représente par son ministère, mais auquel il doit être subordonné selon une discipline correcte de la foi. Il ne peut pas se considérer comme un "propriétaire" qui dispose librement du texte liturgique et du rite sacré comme de son bien propre, en allant jusqu'à lui donner un style personnel et arbitraire. Cela peut parfois sembler plus efficece, cela peut aussi mieux correspondre à une piété subjective, mais objectivement c'est toujours trahir l'union qui doit trouver son expression surtout dans le sacrement de l'unité. Tout prêtre qui offre le saint sacrifice doit se rappeler que, pendant ce sacrifice, ce ,'est pas lui seulement qui prie, mais c'est toute l'Eglise qui prie, en exprimant ainsi, notamment en utilisant le texte liturgique approuvé, son unité spirituelle dans ce sacrement. Si quelqu'un voulait appeler une telle position "uniformisme", cela prouverait seulement l'ignorance des exigences objectives de l'unité authentique, et se serait un symptôme d'individualisme dangereux. La subordiantion du ministre, du célébrant, au Mysterium qui lui a été confié par l'Eglise pour le bien de tout le peuple de Dieu, doit aussi trouver son expression dans l'observation des exigences liturgiques relatives à la célébration du saint sacrifice. Ces exigences portent, par exemple, sur l'habit, en particulier sur les ornements que revêt le célébrant. Il est naturel qu'il y ait eu et qu'il y ait des circonstances dans lesquelles les prescriptions n'obligent pas. Nous avons lu avec émotion, dans des livres écrits par des prêtres qui avaient été prisonniers dans les camps d'extermination, des relations de célébrations eucharistiques faites sans suivre ces règles, c'est-à-dire sans autel et sans ornements. Si, en de telles conditions, cela était preuve d'héroïsme et devait susciter une profonde estime, dans des conditions normales toutefois, négliger les prescriptions liturgiques peut être interprété comme un manque de respect envers l'Eucharistie, éventuellement dicté par l'individualisme ou par un défaut de sens critique au sujet des opinions courantes, ou par un certain manque d'esprit de foi.(...)" (Jean Paul II, Lettre à tous les évêques de l'Eglise sur le mystère et le culte de la Sainte Eucharistie)
Ces deux extraits, choisis parmi bien d'autres, montrent que l'Autorité a toujours voulu rappeler que ce qui se faisait souvent "au nom du Concile" n'était pas conforme avec ce que le Concile avait réellement souhaité et harmonieusement agencé. On peut toutefois regretter que ces avertissements n'aient pas eu d'échos auprès des responsables diocésains. Ces derniers, pourtant avertis de certaines distorsions, ont presque toujours préféré injustement blâùer non pas ceux qui étaient la cause du scandale, mais ceux qui le dénonçaient: falsifier la doctrine est moin grave que porter atteinte au prestige d'un membre de l'establishment. |
|