Sur la loi de gradualité; il faut comprendre qu'il ne nous est pas demandé d'être saint en acte à l'instant même, mais en puissance par la volonté d'y parvenir. Le Seigneur frappe à la porte, et ce qui nous est demandé est simplement d'ouvrir la porte, le Seigneur estime ensuite le moment le plus opportun pour entrer et changer notre vie. Chez certains il entre tout de suite, chez d'autres après bien des années. Ce qui fait dire à Sainte Thérèse d'Avila, en parlant d'une de ses novices, que celle-ci avait accompli plus de progrès spirituels qu'elle-même en près de 30 ans. Dieu est pédagogue, le meilleur qui soit. Sinon, nous verserions dans un jansénisme aliénant et angoissant qui nous ferait oublier que Dieu nous aime, malgré nos faiblesses, et que le plus grand de nos péchés n'est qu'une goutte comparé à l'océan de son amour. C'est pourquoi (lisez la suite) "Si donc l'application immédiate de la lettre de la norme n'est pas toujours exigée, par contre, la tension vers celle-ci l'est ! Car, selon une formule célèbre, la loi de gradualité ne signifie pas la gradualité de la loi ! La loi est la même pour tous ! Son rôle est ici d'éclairer les consciences, mais aussi de nous empêcher de nous justifier, pour que nous nous ouvrions à l'action de Dieu en nous, et ainsi, que nous puissions continuer à progresser."
sur l'infaillibilité; je pense que vous interprétez mal le texte. En effet, le Droit Canon dit que "Aucune doctrine n'est considérée comme infailliblement définie que si cela est manifestement établi" (CIC c 749-3 ). Et qu'il demeure une exception n'a rien de négatif, c'est une réalité qui concerne ici l'acte posé ex cathedra par le pape et qui a eu lieu une fois (ou deux?) depuis que le dogme a été proclamé, c'est en ce sens à mon avis qu'on parle d'exception. Regardez le tableau de synthèse des degrés d'autorité des actes magistériels, vous n'en verrez aucun qui soit négatif, tant au niveau de l'autorité que de l'obéissance requise.
Athanasios |