Le mieux est certainement de lire sa vie. Il y en a une très bonne version écrite par Hunnermann.
Pour simplifier, il y avait 4 bars à l'arrivée du curé à Ars. Lors de sa mort, il n'y en avait plus un seul. Ces lieux étaient des endroits où l'on buvait, l'on critiquait les attitudes et sermons du curé, et où l'on dansait. Je n'ai pas les détails des sermons du curé, mais ils furent violents, parait-il. Le point le plus interessant du retournement d'Ars fût que le St curé en fit une affaire personnelle avec Dieu. Il acheta très concrètement par des pénitences incroyables, la fermeture des 4 établissements. Voilà la méthode, bien plus que les sermons. Voilà pourquoi le diable le jetait hors de son lit lorsqu'il s'accordait un peu de repos.
Avec sa pieuse baronne (qui pourtant soutenait très bien son action), il y alla plus directement. Visitant un jour son château, il s'arrêta devant un tableau de l'époque, représentant un personnage de famille, féminin, et très décolleté (C'était le style de l'époque). Il remarqua finement que cette dame risquait de prendre froid en ayant ainsi la gorge à découvert. Message recu par la baronne qui fit disparaître le portrait !
De même, il lui annonca qu'il ne participerait pas à sa petite fête si jamais on y dansait. Là, la baronne fût plus ennuyée. Sa famille et ses amis venaient de loin pour sa petite fête. Mais elle finit par se ranger aux désirs du St Curé.
Application concrète à notre époque: quelques familles ont essayé de faire un mariage sans soirée dansante. Résultat: non seulement l'ambiance reste très bonne, mais les gens, plus détendus car ayant moins de bruit dans les oreilles, ont souvent souligné que cela donnait une bien meilleure qualité à la réunion. Donc loin de décevoir, cette décision a fait gouter aux invités qu'il existe un meilleur moyen que la danse de se réjouir entre nous. Evidemment, il y a eu quelques irréductibles, frustrés de jupons. Est-ce pour eux qu'il aurait fallu maintenir la danse... au détriment de tous les autres ? |