Les mots ont leur importance et je suis heureux de vous le voir souligner. Je suppose que Jean XXIII ne pouvait appeler autrement l'Ordo si le NOM n'existait pas encore. Remarquez qu'avec "la restauration générale de la liturgie" dont le gouvernement "dépend uniquement de l'autorité de l'Église" et tenant compte que "personne d'autre, même prêtre, ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit" (ce qui est loin d'être appliqué sous nos latitudes, j'en conviens), il devait être opportun de le distinguer au yeux du peuple en sa qualité de Missel restauré, d'où l'usage du mot "Novus".
Mgr Bugnini n'a pas été très scrupuleux en utilisant du mot "création" dont les acceptions sont multiples et malheureusement galvaudées, ce qui rend son usage plutôt délicat. Je me pose une question concernant le respect de la Tradition en son progrès, puisque "les rites manifesteront une noble simplicité, seront d'une brièveté remarquable et éviteront les répéterions inutiles; ils seront adaptés à la capacité des fidèles et, en général, il n'y aura pas besoin de nombreuses explications pour les comprendre", sachant qu' "on ne fera des innovations que si l'utilité de l'Église les exige vraiment et certainement, et après s'être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique". Quelle est la mesure de ce développement organique? En quoi est contestable la modification "des parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent s'il s'y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées", la substance "immuable, celle qui est d'institution divine" étant sauve?
J'imagine qu'il faut entendre par "sied qu'il n'y ait dans l'Église de Dieu qu'une seule façon de psalmodier et un seul rite pour célébrer la Messe..." comme concernant en l'occurence le rit romain.
Cordialement,
Athanasios |