| Auteur : Athanasios D. |
| Sujet : Mais... |
| Date : 2002-11-14 22:18:47 |
comme nous le rappelle le pape, à la racine d'un tel raisonnement qui tend à vouloir démontrer une rupture dans la Tradition, "on trouve une notion incomplète et contradictoire de la Tradition. Incomplète parce qu'elle ne tient pas suffisamment compte du caractère vivantde la Tradition qui, comme l'a enseigné clairement le Concile Vatican II, "tire son origine des apôtres, se poursuit dans l'Eglise sous l'assistance de l'Esprit-Saint : en effet, la perception des choses aussi bien que des paroles transmises s'accroît, soit par la contemplation et l'étude des croyants qui les méditent en leur coeur, soit par l'intelligence intérieure qu'ils éprouvent des choses spirituelles, soit par la prédication de ceux qui, avec la succession épiscopale, reçurent un charisme certain de vérité. Mais c'est surtout une notion de la Tradition, qui s'oppose au Magistère universel de l'Eglise lequel appartient à l'évêque de Rome et au corps des évêques, qui est contradictoire. Personne ne peut rester fidèle à la Tradition en rompant le lien ecclésial avec celui à qui le Christ, en la personne de l'apôtre Pierre, a confié le ministère de l'unité dans son Eglise"
L'Eglise n'a jamais envisagé le NOM comme une rupture du fait qu'elle ne considère pas le nouveau Missel comme une création, mais bien une restauration. Le terme de révolution résulterait alors de cette mauvaise compréhension de la Tradition qui est citée plus haut. La situation devient véritablement exceptionnelle à partir du moment où le schisme est consommé et lorsque du même coup "cette tristesse est particulièrement ressentie par le successeur de Pierre à qui revient en premier de veiller à l'unité de l'Eglise, même si le nombre des personnes concernées directement par ces événements est relativement réduit." de telle sorte qu'il décrètera qu' "on devra partout respecter les dispositions intérieures de tous ceux qui se sentent liés à la tradition liturgique latine, et cela par une application large et généreuse des directives données en leur temps par le Siège apostolique pour l'usage du missel romain selon l'édition typique de 1962(Motu Proprio "Ecclesia Dei"
Qu'y a-t-il de plus révolutionnaire? Le NOM qui s'inscrit, du moins selon le pape et la (quasi) totalité du monde catholique, dans la Tradition vivante de l'Eglise - ou - le schisme de Mgr Lefebvre avec le développement théologique inédit qui lui a succédé?
C'est pourquoi je persiste dans mon interrogation: Quelle place pour le VOM aujourd'hui? Indult, concession, privilège ou alors cohabitation sur un pied d'égalité avec le NOM malgré le fait qu'il "sied qu'il n'y ait dans l'Église de Dieu qu'une seule façon de psalmodier et un seul rite pour célébrer la Messe..." (Bulle Quo primum-Saint Pie V) ?
Quant au "perpetuel" concernant le Missel de Saint Pie V, je vous renvoie à mon message précédent qui y réfère précisément: "En fait, si on lit soigneusement le texte de cette bulle qui figure en tête du missel publié à la suite du Concile de Trente, on voit que Pie V interdit à toute personne ayant autorité dans l'Église de modifier de son propre chef la liturgie qu'il a codifiée ; le pape prend même bien soin de préciser quelles sont ces personnes ayant autorité: depuis les cardinaux jusqu'au simple curé administrateur d'une paroisse, en passant par les évêques, les chanoines, les prélats... etc. Un seul personnage n'est pas cité: le pape. Ainsi saint Pie V, en excellent pasteur et théologien, se garde-t-il bien de limiter les pouvoirs des pontifes qui seront, dans les temps à venir, chargés de la même mission que lui dans l'Église. Au demeurant, aucun des papes qui succéderont à saint Pie V ne se trompera sur la portée réelle de la bulle " Quo primum tempore ". Voilà pourquoi, au cours des siècles, la liturgie romaine sera donc encore modifiée par les souverains pontifes: - le 14 juillet 1600, Clément VIII définit les rites de la messe épiscopale. On remarquera que cette liturgie solennelle est plus proche de la liturgie romaine ancienne que ne l'est la messe ordinaire décrite dans le missel promulgué par Pie V; - en 1604, Clément VIII corrige le missel romain donné par Pie V et apporte des modifications dans les pièces chantées à la messe; - en 1634, Urbain VII modifie les rubriques données par saint Pie V. - au XVIe siècle, sous l'influence de la Contre-Réforme, apparaissent les tabernacles sur les autels, ce qui n'était nullement prévu par Pie V et va nécessiter l'ajout de nouveaux rites. Qu'était la liturgie romaine dans le missel publié sous l'autorité de saint Pie V ? 1. À partir de ce moment, " latin " va devenir synonyme de " romain ", alors que nous avons vu au cours de notre étude qu'il existe des rites latins qui ne sont pas romains." (Denis CROUAN - L'Homme Nouveau - 1223 - Dimanche 2 janvier 2000)
Cordialement,
Athanasios
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