"L'oecuménisme consiste-t-il à cacher ou à confesser la vérité ? demande avec force Mgr Grotti, le 27 octobre 1963. Cacher la vérité nous blesse, et blesse ceux qui sont separés de nous. Cela nous blesse parce que nous faisons figure d'hypocrites. Cela blesse ceux qui sont separés de nous parce que cela les fait paraître faibles et susceptibles d'être offensés par la vérité (..) Distinguons entre les deux schémas de la Vierge et de l'Eglise. Professons notre foi ouvertement. Soyons les docteurs de ceux qui sont dans l'Eglise en enseignant avec clarté, et non en cachant la vérité."
Mais la logique oecuméniste est la plus forte. Le 29 octobre, la question suivante est mise aux voix : " Plaît-il aux Pères conciliaires que le schéma sur la Très Sainte Vierge Marie, mère de l'Eglise, soit révisé de manière à devenir le chapitre 6 du schéma sur l'Eglise ? "
La question était claire: il s'agissait de choisir entre l'oecuménisme par les moyens humains (dissimuler la vérité pour faire l'unité ) ou la confiance en Notre-Dame. Le dépouillement donna 1114 voix en faveur de la fusion des deux schémas ; la majorité requise n'était que de 1097 : les oecuménistes l'emportaient de 17 voix.
La révision du schéma fut l'occasion de faire disparaître toute affirmation de la médiation universelle de Marie, grâce à un stratagème préparé par l'abbé Laurentin (car ce prêtre qui passe pour un "grand théologien marial" et qui écrit fréquemment dans un journal apparemment conservateur comme "Famille chrétienne" milite à fond contre le titre de Marie "médiatrice de toute grâce" ). Peut-on néanmoins faire disparaître le titre de "médiatrice", déjà traditionnel dans l'Eglise ? C'est tout de même difficile. L'abbé Laurentin suggère donc d'employer le mot, tout en s'arrangeant pour en relativiser la portée :
"Le cardinal Béa avait demandé que le Concile n 'emploie pas ce mot à cause des équivoques. Et puis ça a paru quand même extrêmement difficile et le secrétaire de la commission théologique à laquelle j'appartenais était très embarrassé. Qu'allait-on faire ? Je lui ai fait une proposition. Il y aurait moyen de s'en tirer. C'était de ne pas dire : "Nous enseignons la doctrine de Marie Médiatrice." Mais de ne pas non plus affirmer : "On refuse Marie Médiatrice." C'était de dire lorsque l'Eglise appelle Marie Médiatrice, elle veut dire ceci, et non pas cela, ce n'est pas pour éloigner l'unique Médiateur." Et c'est ce que l'on a fait." ( Conférence du 19 mai 1987)
Au sujet du schéma qui devait être adopté, voici ce qu'en dit Karl Rahner, théologien au concile ( condamné par Pie XII ) : "Si ce schéma était adopté, il en résulterait un mal inimaginable du point de vue oecuménique".
Le Rosaire, pourtant recommandé par tant de papes, est lui aussi exclu du Concile. Plus d'une centaine d’évêques, dont Mgr Rendeiro et le cardinal Cerejeira, demandent qu'il soit mentionné dans le schéma Lumen Gentium, parmi les pratiques et exercices de piété en l'honneur de la Sainte Vierge. Mais la commission qui s'occupe du chapitre sur la Sainte Vierge répond que :
"le Concile ne doit pas désigner de dévotion en particulier"
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