| Auteur : XA |
| Sujet : Jalmalv... |
| Date : 2002-10-23 14:10:43 |
mercredi 23 octobre 2002 Un accompagnement du deuil
Jalmalv donne la parole aux proches de personnes décédées L'association Jalmalv est surtout connue pour l'accompagnement des personnes en fin de vie. Mais elle épaule aussi les proches des personnes décédées en les aidant à faire leur deuil. Par la parole.
Le sigle Jalmalv se traduit par une phrase en forme d'engagement : « Jusqu'à la mort accompagner la vie ». Des bénévoles, spécialement formés, se tiennent à l'écoute de personnes au seuil de la mort, mais épaulent aussi leur famille. « Depuis cinq ans, nous avons reçu de nombreuses demandes de personnes endeuillées qui cherchaient à entrer en contact avec d'autres personnes dans la même situation », note Françoise Lochmann. Ainsi sont nés les groupes de parole qu'elle anime avec Pierrette Babault et Charles-Henri de Saint-Julien.
« Les gens nous disent tous la même chose, résume Pierrette Babault : je ne suis pas malade, mais je souffre et je veux en parler à quelqu'un qui me comprenne. » Quand Jalmalv a réuni huit à dix demandes de ce type, elle met sur pied un groupe de parole. Seules conditions d'accès : se soumettre, au préalable, à un entretien individuel et adhérer à l'association (23 € pour l'année). Les rencontres, au rythme moyen d'une par mois, sont totalement gratuites.
« Ce n'est pas un groupe de thérapie, prévient Charles-Henri de Saint-Julien. Nous ne sommes pas des psychologues. Mais nous avons été formés à l'écoute. Notre rôle d'animateur, consiste à rester aussi effacés que possible au sein du groupe, et à faire circuler la parole. »
Nouveaux repères
Libérer sa parole pour apprivoiser l'absence d'un conjoint, d'un parent, d'un enfant, d'un ami. Se reconstruire en éliminant le sentiment, infondé mais fréquent, de la culpabilité. C'est tout le sens de ces réunions. « Les personnes en deuil ont tendance à se refermer sur leur douleur, à s'isoler. Elles ont peur d'ennuyer leurs proches. Ici, tout le monde se retrouve au même niveau », témoignent les trois animateurs.
Classiquement, les groupes de parole durent neuf à dix mois. Ils sont régis par des règles simples : le respect de l'autre et l'absolue confidentialité. « Nous n'avons pas de recette à apporter, prévient Françoise Lochmann. Nous aidons chacun et chacune à trouver, avec le groupe, de nouveaux repères, une nouvelle identité. Car, après un deuil, la personne ne sera plus jamais la même. »
« Chaque deuil est unique et sa perception également, note Pierrette Babault. Mais au cours de ces neuf mois, il se passe des choses. La parole a un pouvoir extraordinaire, pour la personne qui la dit et pour celle qui la reçoit. Le grand soulagement naît de se sentir écouté e) avec bienveillance. » Dans certains cas, il faut attendre la quatrième ou la cinquième rencontre pour que l'un des participants se sente suffisamment en confiance pour « faire sortir » des mots très forts, très durs.
Le seul regret des animateurs est que les hommes ne soient pas plus nombreux : un pour sept femmes dans le meilleur des cas. « Il est vraiment dommage que les hommes se referment sur leur souffrance, remarque Charles-Henri de Saint-Julien. »
André FOUQUET.
Source : http://www.nantes.maville.com/actu/Detail.asp?idDOC=26380&idCLA=29
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