Numéro 13 de La Lettre d'Oremus (suite). Décompte des lieux fixes où, en France métropolitaine, est célébrée au moins une messe traditionnelle chaque dimanche (et jour de fête olligatoire) : il y en a 82 (73 dans des chapelles et 9 dans des monastères), répartis entre 51 diocèses.
On a compris qu'il s'agit des messes « autorisées », puisque la messe traditionnelle demeure, dans les diocèses, sous le régime de l'autorisation préalable.
Mais simultanément, grande nouveauté, La Lettre d'Oremus a fait le décompte des célébrations « non autorisées », qui dans leur quasi-totalité sont « plus ou moins liées à l'action de la FSSPX fondée par Mgr Lefebvre".
Il y en a 166, réparties dans 76 diocèses.
D'où la question : avec 166 lieux de culte « non autorisés »contre 82 « Ecclesia Dei » (le double !), « le motu proprio serait donc un échec ? ».
La Lettre d'Oremus ne répond pas clairement à cette question mais ne peut s'empêcher de constater qu'en règle générale « il est plus facile à des fidèles d'assister à des messes traditionnelles hors du cadre ecclésial que dans des lieux reconnus par les évêques".
A quoi nous ajouterons ce qui ne relevait pas de l'enquête, seulement liturgique de La Lettre d'Oremus : le décompte des écoles fondées par la FSSPX. Nous en apercevons une vingtaine. Ce sont des écoles catholiques ; avec un catéchisme catholique. Au contraire, toutes les écoles diocésaines ont été transformées par l'évolution conciliaire en écoles « catholiques non confessionnelles », et le proclament triomphalement, comme l'a montré Rémi Fontaine dans Présent de samedi dernier. Or tout se tient. La messe ne peut pas être séparée du catéchisme, le catéchisme ne peut pas être séparé de l'Ecriture. On retrouve ici notre réclamation, notre supplication, notre cri de plus de trente ans:
"Rendez-nous l'Ecriture, le catéchisme et la messe!"
Et c'est également ici, quoi que l'on puisse penser de certaines tactiques risquées, de certains propos largement excessifs ou de certaines situations délicates de la FSSPX, c'est bien ici et pour cela que nous n'esquivons pas la nécessité d'en prendre acte : face à l'évolution conciliaire, la FSSPX a raison sur le fond. Elle n'est pas la seule. Sociologiquement, c'est elle qui a le poids principal.
L'évolution conciliaire, c'est la messe maintenue sous le régime inouï de l'autorisation préalable. Ce régime n'est pas odieux parce qu'il heurte nos « sensibilités », qui n'importent guère. Il est odieux en regard des titres imprescriptibles qui sont ceux de la messe catholique traditionnelle, latine et grégorienne selon le missel romain de S. Pie V.
L'évolution conciliaire, c'est le naufrage général des écoles catholiques et l'interdiction des catéchismes procurant les trois connaissances nécessaires au salut. Contre quoi il y a principalement l'action scolaire de la FSSPX se développant sur la puissante lancée que lui avait donnée l'abbé Aulagnier.
L'Ecriture sainte a été livrée par l'évolution conciliaire aux pires manipulations, jusqu'à en arriver à la Bible littérairement ignoble, théologiquement blasphématoire, que la « Commission doctrinale des évêques de France » a osé « inscrire dans la tradition vivante de l'Eglise catholique », cette Bible Bayard qui prétend démentir la véracité des Evangiles et assure que les paroles attribuées à Jésus ont été inventées après coup ! La preuve est faite qu'il n'y a plus d'évêques en France pour défendre le clergé et le peuple contre de telles abominations. Nous sommes abandonnés par l'autorité hiérarchique, et en situation d'autodéfense.
JEAN MADiRAN
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