| Auteur : Rémi (80.8.28.xxx) |
| Sujet : Très clair. |
| Date : 2002-09-17 20:47:52 |
Pardonnez moi d'avoir été un peu sec, c'est qu'on en a vu d'autres, ici...
Précisément c'est le théâtre antique qui fut condamné par les Pères de l'Eglise (très tôt, bien avant le Moyen Age, donc ) parce que païen. La comédie en tant que telle n'est pas condamnée mais mal vue dès ses débuts (renaissance italienne avec la Comedia Dell'Arte) parce que risquant de divertir le Peuple de ses devoirs envers Dieu (Il n'y a pas si longtemps, peut-être encore maintenant les prêtres n'avaient pas le droit de se rendre au cinéma, non parce que le cinéma est mauvais en soi mais qu'il aurait pu les détourner de leurs devois sacrés), et en tous cas pas au Moyen-Age où elle n'existait pas, non plus que la Tragédie ce qui montre que cela n'à rien à voir avec le rire, mais avec le divertissement ce qui est bien différent.
A propos du Carnaval: il s'agit en réalité du Mardi Gras qui précède le Carême. Ce n'est donc qu'un seul jour et les Mystères duraient souvent presque une semaine. Renseignements pris, on distingue:
1) Le drame liturgique qui date du XIe et XIIe siècle. Né avec l'art roman, il a toujours été représenté à l'intérieur des églises. Il se caractérise par sa durée : très brève (quelques minutes) ; par son lieu : l'intérieur de l'église ; par ses officiants : les clercs eux-mêmes en habits liturgiques ; par sa langue : le latin.
2) Le jeu au XIIIe siècle qui est un drame semi-liturgique.Il est beaucoup plus long. Il traite de légendes.Il est souvent d'auteurs anonymes.
3) Le miracle, fin XIIIe-XIVe siècle (A l'extérieur de l'église, sur le parvis). Il raconte la vie d'un saint ou simplement une "histoire" (légende historique, fait-divers) se terminant par l'intervention du Saint qui arrange tout comme un "deus ex machina".
4) Les mystères (XVe et 1ère moitié du XVIe) qui se jouent sur le parvis des églises, au long de plusieurs journées de fêtes religieuses. La scène n'est pas limitée et fixe, mais divisée en plusieurs lieux, ayant chacun une valeur symbolique (la Terre, l'Enfer...). Acteurs et spectateurs ne sont pas séparés, Il n'y a pas d'acteurs professionnels: ils peuvent être bourgeois, artisans. Les spectateurs d'un moment peuvent être acteurs à un autre. Ces célébrations collectives affirment l'unité du groupe social, en faisant participer les spectateurs, elles entretiennent les croyances. Les sujets sont religieux, hagiographiques (racontant la vie des Saints), en général allégoriques. Ils sont finalement interdits en 1548 (comme quoi même si ce n'est pas du théâtre comique...)
On trouvait aussi des Farces et des Soties, premières formes de comédie satyrique.
Comprenez qu'il est normal que toutes les formes théâtrales aient alors tourné autour de la religion et de l'Eglise, qui était le centre de la vie quotidienne, privée et sociale d'une manière telle que nous avons du mal à la concevoir de nos jours...le bon temps, quoi!
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