... je vous rejoins: il n'y a pas deux France, mais une seule. Vous êtes d'accord pour dire que la France ne s'est pas éteinte en 1789. Là où nous nous séparons est qu'avec moins de netteté vous affirmez la continuité de la France: vous la réduisez aux seuls catholiques contre-révolutionnaires et monarchistes. Permettez-moi d'être plutôt dubatitif: la France des vertus - celle dont parle Viguerie - est incarnée par des esprits bien différents: je pense à Péguy, à Bernanos, et même à certains résistants français qui, sans être de Droite, sentaient et respiraient la France... Bernanos a écrit de belles pages sur la nuit du 4 août 1789 et la fête de la Fédération ("Nous autres français" et "La France contre les robots" sont de magnifique oeuvres)... Plutôt qu'opposer l'Ancien régime à la Révolution, opposons un certain ancien Régime à un autre ainsi qu'une Révolution à une autre.
Car 1793 n'a fait que redonner vie à cette tradition de la raison d'Etat qui existait déjà chez les légistes de Philippe le Bel. Par-delà l'apparente rupture, la République jacobine ne fait que reprendre l'Ancien Régime centralisateur...
Un détail: les évêques français qui critiquèrent le laïcisme dans les années 20 furent désavoués par Pie XI qui, pourtant, avait encouragé la fête du Christ-Roi et dénoncé la laïcisation. Un fâcheux prélude...
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