je vous sais gré de ces éclaircissements.
Je vous répondrai d'abord sur la guerre de 14. Il est vrai, c'est indéniable, que cette guerre a servi la république ; ce qui m'a indigné, c'est de laisser croire que les Français se seraient battus pour le régime, comme les volontaires de l'an II. Il y a une autre chose à prendre en compte : la révolution et son cortège de massacreurs a inventé la guerre de masse ; c'est maheureux mais c'est ainsi. Et il était évidemment impossible de régler le problème par une diplomatie à la St-Louis, alors que, reconnaissons-le, des socialistes aux monarchistes les plus durs, chacun voulait mettre la pâtée aux Allemands...Je note aussi que l'opinion publique en France n'en avait pas après l'Autriche-Hongrie, empire latin et catholique, mais bien après le germanisme luthérien. Ceci dit, il est vrai que cette victoire a bien été utilisée puis trahie par la suite, par les gouvernements de loques humaines de l'entre-deux guerres...
En ce qui concerne la France, je suis à 100 % d'accord avec vous !!! Quand vous dites :"à condition que ceux qui aiment ce pays se rendent compte de la perversité du régime qui les dominent", c'est ce que je me tue à expliquer à MD qui me rétorque que la république, c'est la France et la France, c'est la république. C'est quasiment blasphématoire ! Certes, la république a les leviers de commande et envoie voter qui elle veut grâce aux médias dominés par les -censuré-. Mais il est évident qu'il n'y a pas deux France ; il y a la France et il y a l'anti-France...Celle-ci a réduit celle-là en esclavage comme jadis l'Egypte a fait pour Israël. Néanmoins, la France n'a cessé de résister malgré le carcan ! C'est oublier Mgr Pie, le voeu de Montmartre, et les missions, par exemple...Dans les années 30, 50% des missionnaires dans le monde étaient français. Quand on y pense, c'est colossal !!!! de l'Asie à l'Afrique jusqu'au Nord du Canada, les tombes des missionnaires français se comptent par dizaines ! N'est-ce pas là encore le signe d'un caractère national, celui de la fille aînée de l'Eglise ? c'est oublier aussi le comte de Chambord qui n'était pas dupe de cette ambiguité et qui a refusé de régner alors qu'il en avait les moyens, pour une affaire de drapeau qui en fait, allait beaucoup plus loin que ça ! C'est l'esprit même de la révolution qu'il a refusé. La France catholique n'est donc pas inexistante depuis 1789. Elle vit, elle se bat -bien ou mal, selon les hommes- mais enfin elle existe !!!
Pour déplacer un peu le débat sur un sujet plus douloureux, il est certain que l'évolution de l'Eglise catholique lui a porté un rude coup. Il suffit de relire la déclaration des évêques de France sur le régime en 1925 pour s'en convaincre ; les ralliements successifs, le désastreux concile Vatican II, l'engagement socialiste, humaniste et démocratique de la hiérarchie a fait un mal énorme. Mais, -et je sais que celà va me valoir beaucoup de moqueries- ce m'est une consolation que le seul évêque à s'être levé contre cette hérésie qui ne dit pas son nom soit lui aussi français. Il fallait être français pour comprendre les enjeux en cause et la portée du changement de cap de Rome. C'est presque génétique, allais-je dire...le catholicisme français a une longue tradition anti-révolutionnaire, de l'abbé Barruel au Jean Ousset des belles années, même si, à cause des évolutions vaticanes, nous avons aujourd'hui un épiscopat résolument engagé au côté des Lumières et un pape qui prêche la laïcité et les droitdlom' aux quatre coins de la planète. Néanmoins et encore une fois, ce n'est pas pour ça qu'il n'ya plus de pape et plus d'Eglise...
Bon. Non, je ne crois pas que vous êtes abruti par la propagande de l'EN ; même si j'ai pu le laisser entendre dans la chaleur du débat. Je considère seulement qu'il est trop facile de décréter qu'il n'existe plus de France catholique, sans au préalable s'être battu pour elle.
Cordialement aussi,
Justin
PS : je pense vous répondre demain sur le Comptoir politique, au sujet de Le pen. |