| Auteur : Bertrand Décaillet (194.209.178.xxx) |
| Sujet : Oui, vous vous trompez |
| Date : 2002-07-26 11:49:30 |
...un peu.
La question n'est pas de se regarder, mais de regarder la Croix, et c'est radicalement différent. Dès lors la souffrance elle-même n'est plus vraiment le centre d'attraction dans un sens comme dans l'autre (à rechercher en tant que tel - pélagianisme - ou à fuir absolument -hédonisme et "épanouissementisme" , mais bien l'amour, dont la Croix est la plus grande preuve, et plus encore: le chemin, l'unique espérance. Il faut sortir d'une dialectique souffrance/pas souffrance qui, en fin de compte, procède du même a priori réducteur: MOI! Deux amours ont construit deux cités, l'amour de soi qui va jusqu'au mépris de Dieu, et l'amour de Dieu qui va jusqu'au mépris de soi,dit s. Augustin. Or l'amour, la purification de l'amour, la pureté du coeur, la garde du coeur... ce sont des "arts" qui s'apprennent patiemment, et le divin Pédagogue, que voulez-vous, est crucifié et immolé, et il invite à le suivre en se renonçant soi-même et en prenant le même instrument. Toute l'originalité du christianisme tient certainement dans cette complet retournement de la valeur de la souffrance, non dans sa négation: le Christ transfigure la souffrance. C'est le beau mot de Claudel: Le christ n'est pas venu supprimer la souffrance, ni même l'expliquer, il est simplement venu la remplir de sa présence. C'est pourquoi, les stigmates d'un Padre Pio, par exemple, sont le fruits d'une union intérieure délicieuse que nous pouvons tous envier, bien qu'elle n'ôte rien à la réelle souffrance des plaies effectives des pieds, des mains et du côté... sans parler des souffrances intérieures. C'est le romantisme qui a tout faussé. Le mensonge de l'amour sans la croix est une imposture qui oublie le péché originel et qui relève de la confusion romantique entre amour et sentiment. Le modernisme va plus loin encore dans la niaiserie et l'oubli: il confond Foi et sentiment.
La question c'est donc : "aime maintenant, et aime encore au-delà de la mort, au-delà de la joie, au-delà de la souffrance même ... au-delà de toi-même: aime Dieu".
Ce n'est pas la souffrance, c'est la Croix et c'est très différent, car sur la croix il y a Quelqu'Un.
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Improperium exspectavit cor meum et miseriam: et sustinui qui simul contristaretur... Mon coeur s'est attendu à l'opprobre et à l'amertume; et j'ai attendu quelqu'un qui s'attriste avec moi... (offertoire de la fête du Sacré-Coeur) |
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