Le curé d'Ars disait qu'il avait prié Dieu pour qu'Il lui fasse connaître ce qu'il (le curé d'Ars) était. Dieu a satisfait sa prière et lui a fait connaître ce qu'il était. Il disait que ce qu'il a vu de lui-même était si laid que si cela avait continué plus longtemps, il en serait mort, tellement sa lairdeur morale le faisait souffrir. Cette souffrance aurait pu l'amener au désespoir, mais elle l'a plutôt rapproché de Dieu par le fait qu'il a été forcé de voir qu'il était nul sans Lui.
Cette attirance vers le bas que vous semblez craindre et qui vous attire n'est pas mal en soi. Il est parfois utile d'être entraîné vers le bas. Ça nous fait connaître ce que nous sommes.
La crainte de cette attirance vers le bas, que vous repoussez tout en y étant attirée, ressemble à l'orgueil de celui qui craint de découvrir ce qu'il est vraiment et cette crainte est aussi dû au fait de ne s'appuyer que sur soi-même. Ce qui a sauvé le curé d'Ars du désespoir, c'est la prière.
Si, comme vous le dites, "Dieu vous maintient en vie pour vous tendre un piège", le piège qu'il vous tend c'est peut-être de vous laisser descendre (explorer les bas-fonds de votre âme) pour vous permettre de L'aimer davantage en réalisant que vous êtes totalement nulle sans Lui. Alors il faut prier, non pas pour éviter d'explorer les "bas-fonds de votre âme", c'est-à-dire éviter la souffrance, mais pour être capable de la supporter en vous en remettant davantage à Lui lorsque la souffrance se présente. |