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La loi nouvelle réalise-t-elle l'accomplissement de l'ancienne loi ? (Q107a2) Imprimer
Auteur : Paul-E
Sujet : La loi nouvelle réalise-t-elle l'accomplissement de l'ancienne loi ? (Q107a2)
Date : 2002-06-07 02:14:11

Objections : 1. Parfaire une chose n'est pas la défaire. Or la loi nouvelle défait, ou exclut les observances de la loi ancienne : « Si vous vous faites circoncire, dit l'Apôtre, le Christ ne vous sera d'aucune utilité » (Ga 1,2). La loi nouvelle n'est donc pas l'accomplissement de l'ancienne

2. Rien n'est accompli par son contraire. Or le Seigneur a introduit dans la loi nouvelle des préceptes contraires à ceux de la loi ancienne « Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens "Quiconque renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation", mais moi je vous dis : "Quiconque renvoie sa femme l'expose à l'adultère" » (Mt 31,32). La suite du passage révèle la même opposition touchant la prohibition du serment, la prohibition du talion et la haine des ennemis. De même il ressort de Mt (15,11) que le Seigneur a rejeté les prescriptions de la loi ancienne sur la distinction des aliments : « Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur. » Donc la loi nouvelle ne porte pas l'ancienne à sa perfection.

3. Enfreindre la loi, comme l'a fait le Christ sur certains points, ce n'est pas l'accomplir. Il a touché le lépreux, au mépris de la loi (Mt 8,3). Il semble avoir plusieurs fois violé le sabbat, au point que les juifs disaient de lui ; « Cet homme n'est pas de Dieu, lui qui n'observe pas le sabbat » (Jn 9, 16). Le Christ n'a donc pas accompli la loi, et la loi nouvelle, qu'il a instaurée, n'est pas venue accomplir l'ancienne.

4. On sait que la loi ancienne comportait des préceptes moraux, des préceptes cérémoniels et des préceptes judiciaires. S'il ressort de Mt (5) que le Seigneur a sur certains points accompli la loi, on n'y trouve d'allusion ni aux préceptes judiciaires ni aux préceptes cérémoniels. Il s'ensuit que la loi nouvelle ne réalise pas intégralement l'accomplissement de l'ancienne.

En sens contraire, on se heurte à l'affirmation du Seigneur : « Je ne suis pas venu abolir la loi mais l'accomplir... Pas un iota, pas un trait de la loi ne passera que tout ne soit arrivé » (Mt 5,17-18).

Réponse : On vient de voir que loi nouvelle et loi ancienne sont dans le rapport du parfait à l'imparfait; or ce qui est parfait réalise en plénitude ce qui manque à l'imparfait ; c'est ainsi que la loi nouvelle accomplit la loi ancienne en tant qu'elle supplée à ce qui manquait à celle-ci.

On peut d'ailleurs, dans la loi ancienne, considérer deux points : la fin qu'elle poursuivait, et les préceptes qu'elle contenait. Toute loi, avons-nous dit, a pour fin de rendre les hommes justes et vertueux ; aussi la fin de la loi ancienne était-elle la justification de l’homme. Or cette fin, la loi ne pouvait la réaliser, mais elle la figurait par certains actes cérémoniels, et elle la promettait par ses paroles. Sous ce rapport, la loi nouvelle accomplit la loi ancienne en justifiant l’homme par la vertu de la passion du Christ : « Ce que la loi ne pouvait faire, écrit S. Paul, Dieu l'a fait : en envoyant son Fils dans une chair semblable à la chair du péché, il a condamné le péché dans la chair, pour que fût complète en nous la justice de la loi » (Rm 8,3-4).

A ce titre, la loi nouvelle procure ce que la loi ancienne promettait : « Toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur oui en lui » (2 Co 1,20) ; en lui, c'est-à-dire dans le Christ. - Et à ce titre encore, elle réalise ce que la loi ancienne figurait. Ainsi, selon l'Apôtre, les cérémonies étaient « l'ombre des choses à venir, mais le corps (entendez la réalité) appartient au Christ » (Col 2,17). C'est pourquoi on désigne la loi nouvelle comme étant celle de la réalité, tandis que la loi ancienne est celle de l'ombre ou de la figure.

Mais le Christ a porté aussi à leur plein accomplissement les préceptes de la loi ancienne, tant par ses actes que par ses enseignements. Par ses actes, en acceptant de se faire circoncire et d'observer toutes les prescriptions légales qui s'imposaient alors, car il était « né sous la loi » (Ga 4,4). - Par ses enseignements il a apporté un triple perfectionnement aux pr ère le vrai sens de la loi, comme on le constate à propos de la prohibition de l'homicide et de l'adultère, où les scribes et les pharisiens ne voyaient que l'interdiction des actes extérieurs; mais le Seigneur, menant la loi à sa perfection, a déclaré que ses prohibitions s'étendaient jusqu'aux péchés intérieurs. - En second lieu, le Seigneur a perfectionné les préceptes légaux par des dispositions propres à mieux assurer l'observation des anciennes prescriptions légales. Ainsi la loi ancienne avait établi l'interdiction du parjure, ce qu'on est plus sûr d'observer si l'on s'abstient généralement de jurer, sauf le cas de nécessité (Mt 5,33). - Enfin le Seigneur a perfectionné les préceptes de la loi en leur adjoignant certains conseils de perfection, comme il ressort de cet épisode où, entendant quelqu'un déclarer qu'il avait pratiqué les commandements de la loi ancienne, le Seigneur lui dit : « Tu n'as plus qu'une chose à faire. Si tu veux être parfait, va et vends tout ce que tu possèdes, etc. » (Mt 19, 21).

Solutions : 1. Si la loi nouvelle exclut l'observation de la loi ancienne, c'est seulement, nous l'avons dit, en matière de cérémonies. Mais celles-ci se présentaient comme des figures de l'avenir. Aussi, une fois accomplis les préceptes cérémonials par la réalisation de ce qu'ils figuraient, il n'y a plus lieu de les observer; ou bien quelque chose serait signifié encore comme futur et non advenu. Ainsi la promesse d'un don à faire ne tient plus une fois qu'elle a trouvé son accomplissement dans la réalisation du don. Il en va de même pour les cérémonies de la loi qui sont abolies du moment qu'elles sont réalisées.

2. Selon S. Augustin, il n'y a aucune contradiction entre ces préceptes du Seigneur et ceux de la loi ancienne : « Quand le Seigneur interdit le renvoi de la femme, il ne s'oppose pas aux dispositions de la loi. Car celle-ci ne dit pas que l'on peut à son gré renvoyer sa femme, et c'est à cela que s'opposerait l'interdiction du renvoi. Évidemment le législateur ne tenait pas à ce que le mari renvoyât sa femme, puisqu'il visait à retarder, à briser son élan précipité par l'exigence d'un acte écrit, et à le faire revenir sur son intention de divorce. » « Et ainsi, dit ailleurs S. Augustin, pour confirmer cette règle de ne pas renvoyer sa femme à la légère, seule l'exception de fornication a été admise par le Seigneur. » Touchant la prohibition du serment, nous venons d'exposer une solution analogue. - Et il en va de même pour la prohibition du talion: cette loi fixait une borne à la vengeance afin qu'on ne s'y livrât pas avec excès; inconvénient que le Seigneur a encore plus parfaitement exclu par son avertissement de renoncer absolument à la vengeance. - Quant à la haine des ennemis, il a écarté l'interprétation erronée des pharisiens en nous avertissant de haïr non la personne, mais le péché. - Reste la distinction des aliments : le Seigneur, sans abroger dès lors cette observance cérémonielle, montra que nul aliment n'était impur par sa nature, mais seulement à cause de ce qu'il figurait, nous l'avons dit plus haut.

3. Le contact des lépreux était légalement prohibé parce que, comme le contact des cadavres, il faisait encourir une souillure par manière d'irrégularité, nous l'avons dit. Mais le Seigneur, qui purifiait le lépreux ne pouvait encourir cette impureté. - Il n'a pas non plus réellement violé le sabbat par les actes qu'il a accomplis ce jour-là, et il en fournit lui-même dans l'Évangile plusieurs raisons : d'abord, s'il opérait des miracles, c'était par la vertu divine qui est toujours à l’oeuvre (Jn 5, 17); et puis, il agissait pour sauver les hommes, alors que les pharisiens, eux, le jour du sabbat, faisaient le nécessaire pour sauver même les bêtes (Mt 12,11) ; enfin, quand les disciples arrachèrent des épis le jour du sabbat, il a invoqué à leur excuse la nécessité (v. 3). Mais on pouvait parler de violation, selon l'interprétation abusive des pharisiens, qui estimaient qu'on devait, le jour du sabbat, s'abstenir même des activités de sauvetage, contrairement à l'intention de la loi.

4. Le texte de Mt (5) omet les préceptes cérémoniels de la loi, parce que leur réalisation (au sens qu'on vient d'expliquer, sol. 1) implique qu'on cesse absolument de les observer. - Parmi les préceptes judiciaires, le Seigneur a fait mention du talion, ce qu'il en dit devant s'appliquer à tous les autres. Or il enseigne à ce propos que l'intention de la loi n'est pas qu'on requière l'application de cette peine pour assouvir un désir de vengeance. En effet, lui-même exclut pareil désir lorsqu'il avertit que l'on doit être disposé à subir encore un surcroît d'injustice, mais uniquement par amour pour la justice ; or cela subsiste toujours dans la loi nouvelle.



La discussion

      Au fin fond de la Sarthe, de Paul-E [2002-06-04 22:23:45]
          et paffffff !!!, de Nicoco [2002-06-04 22:29:48]
              Merciiiii, de Paul-E [2002-06-04 22:56:49]
              doucement...., de abbéPH [2002-06-04 23:53:26]
              L'infaillibilité de Medjugorje, de F Josep [2002-06-05 07:44:23]
                  Attention, de Chantal [2002-06-05 11:10:52]
                      A l'attention de Chantal, de F Josep [2002-06-05 12:53:01]
                          Comment expliquez-vous, de Chantal [2002-06-05 20:01:49]
                              Satan peut faire des miracles, de F Josep [2002-06-06 07:30:31]
                          Pourquoi mélanger mensonge et vérité, de pierre Tremel [2002-06-05 22:23:11]
                              Lisez donc alors !, de F Josep [2002-06-06 07:22:09]
                                  Non Medjugorje n'est pas condamné par le Vatican, de pierre Tremel [2002-06-06 11:55:10]
                                      la différence, de F Josep [2002-06-06 13:16:47]
                      Dans le BTAG, de F Josep [2002-06-05 12:54:39]
                  Etes-vous allé à Medjugorje?, de pierre Tremel [2002-06-05 13:56:40]
                      votre liste, de Valérie P [2002-06-11 03:07:17]
              OUI, PRIONS POUR LES PRÊTRES, de René BERGERON [2002-06-05 16:59:12]
              La bonne blague, de Valérie P [2002-06-11 03:04:50]
          L'abbé Ringlet..., de Stéphane Mercier [2002-06-05 09:30:22]
          Intéressant, de Frédéric Ronga [2002-06-05 09:57:22]
          les enseignements de Jésus christ, de G David [2002-06-05 20:54:55]
              le salut par les oeuvres, de Ignace [2002-06-05 21:49:48]
              Mais mon cher,, de Paul-E [2002-06-05 22:07:34]
                  Jésut à part?, de G David [2002-06-06 12:04:21]
                      Merci de préciser, de Ignace [2002-06-06 12:33:44]
                          Dans le Coran-pdt-, de Ibnoullah [2002-06-06 13:41:32]
                              Encore une bête question :, de Ignace [2002-06-06 14:46:58]
                                  Pas De Texte-pdt-, de Ibnoullah [2002-06-06 16:55:29]
                                  C'est une longue histoire, de Frédéric Ronga [2002-06-06 16:55:40]
                          suite Jésus à part?, de G David [2002-06-06 16:55:08]
                              Pour prouver que les non juifs..., de Paul-E [2002-06-07 02:06:47]
                                  La loi ancienne n’était pas « parfaite absolum [...], de Paul-E [2002-06-07 02:09:20]
                                      Les préceptes cérémoniels ont-ils cessé à l'a [...], de Paul-E [2002-06-07 02:11:33]
                                          La loi nouvelle réalise-t-elle l'accomplissement  [...], de Paul-E [2002-06-07 02:14:11]