Certaines particularités me le laissaient présager avec horreur (débrayé de la pensée, refus maladif des "étiquettes", intentions généreuses mais qui se retournent invariablement contre elles-même, volonté farouche de rester "lib .. lib, lib ... lib, lib" (pour écrire comme Y. Deschamps)). "Mein Gott!" me suis-je écrié, "serait-ce un Québécoiseux?" C'en était bien un. Le patronyme aussi ...
Petit rectificatif. Élémentaire rectificatif.
Non, le Québec n'était plus un pays catholique au début des années soixante du siècle dernier. Ce n'était plus qu'une façade. Un siècle de catholicisme libéral, d'américanisation rampante (matérialisme, idéologie marchande, monétarisation généralisée)et d'action maçonnique n'avaient laissé qu'une coquille vide. Même dans la Rome conciliaire, pourtant habituée à ce genre de phénomène, la célérité de l'effondrement du catholicisme québécoiseux étonne.
Libérés en 1960, les Québécoiseux ? Hélas! Non! Car rien n'a changé, si ce n'est le régime. Essayez, mon cher Ti-Claude, d'aller poser des questions "tendencieuses", des questions "d'esprit fort ( le sens de votre expression tête chaude sans doute?)" sur le darwinisme, l'évolutionnisme. Essayez de remettre en question le dogme, l'idéologie officielle, les idées reçues. Vous risquez fort de vous voir répondre une perle du genre : "Eille! Eul'flyé! De cossé t'as a toutan d'mander dé questions dameilleme ?" Essayez d'aller ne serait-ce que soulever un doute sur le statut privilégié du mouvement féministe ou du lobby homosexuel. Vous verrez quel traitement vous sera réservé.
Non, en matière de libération, j'ai bien peur que vous n'ânnoniez là le dogme actuel, que vous ne serviez de caisse de résonnance ( sans raison réflexive) au discours officiel sur la "révolution tranquille".
Beaux effets du reste que ceux de la "révolution tranquille" quand on s'avise de les considérer un peu :
le taux de suicide d'adolescents le plus élévé du monde;
un des taux de natalité les plus faibles du monde, au point que les descendants des Québécoiseux actuels, toutes origines confondues, ne représenteront plus que 25% de la population du Québec vers 2085 si le volume de ladite population devait rester à peu près stationnaire (circa 7 000 000 de têtes de pipe). Leur proportion serait encore plus faible si ce volume devait augmenter;
taux de décrochage scolaire avoisinant le 40 à 50 % avant la fin du secondaire. C'est fou ce que les jeunes générations seront bien outillées pour l'économie basée sur le savoir;
pullulement des sectes parmis les plus néfastes : bon, le débraillé intellectuel ouvre ici la voie au débraillé théologique. Vous avez jeté un coup d'oeil sur le rayon "spiritualité" d'une librairie moyenne récemment, à Montréal, Québec ou Valleyfield ? C'est à s'arracher les cheveux sur la tête de médiocrité crasse;
l'idée, bien engoncée dans la psyché nationale, selon laquelle "tout le monde a droit à son opinion", aussi loufoque soit-elle. Ô libéralisme à tout crin, quand tu nous tiens ... pourtant, depuis Aristote, la défense des opinions indéfendables ...
Et la liste est longue, ad nauseam. Non! Décidemment, mon cher Ti-Claude, vous avez de graves problèmes avec la perception du réel. Une libération, la "révolution tranquille"? Dites plutôt les écuries d'Augias, le Pandémonium et la cour du roi Peto tout à la fois. Il y a de soit disant libérations qui vous font contempler l'esclavage avec un brin de nostalgie.
In Christo quand même,
Votre tout dévoué compatriote (hélas!),
PGM