Certes, mais il faut tenir en compte les éléments suivants, à mon avis :
1. Une église est un lieu dédié au culte de Dieu, pas au culte de l'homme, qu'il soit étranger ou non. Moi-même j'aide des demandeurs d'asile politique et de nationalité belge, mais dans le respect des lois de l'Etat et je n'en bloque pas l'exercice du culte pour autant, que le culte soit le culte catholique, protestant ou musulman d'ailleurs.
2. Depuis la sécularistion de la société, l'Etat a voulu prendre sur lui la (lourde) tâche de l'éducation et de l'accueil du pauvre et du malchanceux. C'est à cette fin qu'il a nationalisé les biens du clergé, c'est pour cela qu'un Joseph II a supprimé les couvents dans les Pays-Bas autrichiens. C'est donc bien en premier lieu à ce même Etat, et pas à l'Eglise, de prendre ses responsabilités aujourd'hui dans ces domaines. Il a exproprié l'Eglise Catholique pour cela, les citoyens paient des impôts et élisent des politiciens pour cela.
3. Qui demande des papiers ? Il faut distinger les catégories, je constate par exemple avec grand regret qu'on amalgame les immigrés économiques avec les réfugiés politiques, ce qui est une grave erreur.
3.1. Il y a tout d'abord ceux qui sont venus en France (ou en Belgique) pour y demander l'asile politique. Ces gens tombent sous la protection de la Convention de Genève : leur dossier doit être examiné avec tout le sérieux possible, car la situation politique dans certains pays est réellement intolérable et tout pays dans lequel ils demandent accueil doit les accueillir. Il arrive, en Belgique, que l'examen de leur dossier dure des mois voire des années. Ceci est une situation scandaleuse, de les laisser si longtemps sans statut clair, et il est normal que l'Etat tire les conséquences de ce qu'il fait endurer à ces gens en attente de statut, qui sont en séjour LEGAL.
3.2. Il y a également ceux qui sont venus pour sauver leur peau, mais pas pour des motifs politiques au sens de la Convention de Genève. C'était par exemple le cas des victimes de la guerre civile au Kosovo. Malheureusement, il n'y a pas de statut clair pour ce genre de personnes, l'administration décide au cas par cas. Je trouve cette situation également indigne d'un Etat de droit, même si je comprends qu'il faut un statut négocié entre les différents pays de l'Union Européenne ou du moins de l'espace Shengen. Il arrive que l'Etat leur accorde un statut particulier et provisoire, comme pour les Kosovars ici en Belgique (statut qui a pris fin l'année dernière), mais il arrive également que l'Etat ne leur accorde rien, alors que leur demande me paraît humainement légitime. Je trouve en effet légitime de leur point de vue de quitter les graves dangers qu'ils encourent dans leur pays pour trouver refuge dans le havre de paix que représentent pour eux l'Europe Occidentale. Cela dit, il incombe en premier lieu aux habitants des pays à problème de régler les problèmes de sécurité, ce n'est pas à nous de le faire. Cependant, si nous leur vendons des armes, il ne faut pas pleurnicher si ces armes amènent des innocents à frapper à notre porte.
3.3. Il y a également ceux qui quittent leur pays pour tenter leur chance économique ailleurs. Une partie de ces gens sont bien formés et pourraient nous être "utiles", une autre partie n'est pas bien formée et vise, consciemment ou non, la perception d'allocations sociales : ils ne nous seraient pas "utiles". Dans les deux cas, leur séjour est illégal. Est-il légitime ? La question est plus complexe et ma réponse est moins tranchée que pour les catégories précédentes. Car tout homme est responsable de la situation économique de son pays. C'est trop facile de déménager au lieu d'apprendre un métier ou après l'avoir vidé de ces ressources naturelles. Et les "cervaux" du "Tiers Monde", leurs pays ont besoin d'eux pour enfin décoller, si on les vide de leurs forces intellectuelles et de leur main-d'oeuvre qualifiée, on continue leur exploitation néo-colonialiste.