j'ai assisté à la belle fête du Saint-Sacrment. Messe pontificale chantée par Mgr Fellay, procession somptueuse avec un déploiement saisissant de beauté et de révérence à l'égard de Notre-Seigneur Hostie et Roi, accompagné par une foule nombreuse, dont un cortège impressionnant d'enfants.
Au cours de l'homélie, Mgr Fellay a rappelé le mystère théologique de la "présence réelle" et de l'Eucharitie, la notion de sacrifice eucharistique, et partant celle de sacrifice en général, notre part dans l'amour du Fils au Père. Puis, il en vient, par voie de conséquence, à évoquer la raison d'être même de la résistance de la FSSPX depuis trente ans. Il évoque les récentes discussions avec Rome, et la teneur de la dernière lettre du Cal Hoyos, en date du 5 avril.
Cité de mémoire et sans l'exactitude de la formulation qu'il faudrait, biensûr, voici grosso modo :
Depuis trente ans, deux petites choses sont toujours remises au métier, deux petites choses qui suffiraient à nous accorder toutes les faveurs romaines : la reconnaissance de la bonté de Vatican II et de la bonté de la nouvelle messe. Depuis trente ans l'argument est cependant toujours le même argument d'autorité : l'obéissance et la soumission à l'infaillibilité pontificale...
Mais depuis trente ans ces deux petites choses, sont la raison même de notre existence, de notre banissement : on nous dit d'obéir, et nous, simplement, nous objectons que nous voulons vivre.
Il développe notamment les inconséquence romaines dans la reconnaissance d'une certaine faillite de Vatican2 et à la fois la volonté d'imposer son autorité à ceux qui semblent justement avoir échappé à la tourmente... ont existé à cause de celle-ci, pour offrir aux âmes qui la leur demandaient une juste et "nécessaire" alternative à la tourmente.
Mais pourquoi donc, demande Monseigneur Fellay? Pourquoi Rome veut-elle ces discussions avec nous? Sans la possibilité d'envisager clairement leurs intentions, nous ne passerons désormais aucun accord. Des mots, pourrait-on objecter? Le pape a-t-il oui ou non baisé le Coran? s'exclame-t-il soudain, pour le scandale du peuple chrétien? moment particulièrement saisissant dans cette homélie, où je mesure, personnellement, la grâce de pouvoir entendre la virilité d'une telle indignation à sa juste profondeur (qui n'est pas d'effaroucher les sentimentaux, bien sûr, ou les moins formés...) et d'en saisir aussi "in vivo" le drame pour l'Eglise et "la nécessité" pour la FSSPX de continuer avec la maxime chantée dans l'épître tout à l'heure, et qui était celle de Monseigneur Lefebvre : "accepi quod et tradidi - j'ai transmis ce que j'ai reçu" - et c'est de la messe que parle s. Paul, bien sûr, un jour de Fête-Dieu! Je saisis la joie, malgré la persécussion que pour ma part j'ai connue à ma modeste mesure en grandissant dans l'ombre des "histoires" d'Ecône, au cours de ces même trente ans, de pouvoir entendre d'un évêque catholique un discours aussi simplement univoque, aussi droitement préoccupé de ce qui est premier dans l'ordre de la Foi: le salut des âmes.
Bref, en raison des toujours mêmes raisons, c'est le statu quo, Rome faisant toujours semblant, depuis trente, de n'avoir pas compris le pourquoi de l'existence d'Ecône.
Dans ces conditions, conclut Mgr Fellay, il est probable que la dernière lettre du Cal cherche à accélerer la fin des discussions, plus qu'à les poursuivre.
Après cette parenthèse sur l'actualité faisant le lien entre le Sacrifice eucharitique et l'Unité catholique, celle-ci découlant de celui-là, à l'instar des grains moulus formant le pain (image classique des Pères), Monseigneur Fellay conclut superbement par l'exhortation à la charité qui est le fruit et la fleur de l'Eucharistie: amour de Jésus-Christ, et de son corps mystique !
Merci Monseigneur!
In Christo
BD