Merci pour vos réponses, qui me donnent d'intéressantes pistes de recherche.
Concernant "Vehementer nos", j'ai été consulter le texte complet sur http://www.vatican.va/holy_father/pius_x/encyclicals/documents/hf_p-x_enc_11021906_vehementer-nos_fr.html, et je constate qu'il s'agit de la réaction du Saint-Siège à la résiliation unilatérale par l'Etat français du Concordat du 26 Messidor an IX (15 juillet 1801) par l'adoption de la loi de 1905 sur la séparation entre l'Eglise et l'Etat.
Je ne vais pas faire ici ni maintenant le procès de ce texte, mais seulement remarquer les circonstances spéciales : en 1795 (si ma mémoire est bonne), l'Etat français a décrété la nationalisation des biens du clergé (le texte ne fait pas plus de huit lignes !!) que celui-ci a obtenus en plus de mille années d'existence, la constitution civile du clergé et le concordat ont accordé comme contre-partie à l'Eglise plus ou moins le revenu de ces biens spoliés (rémunération et pension des ministres du culte, mise à disposition des bâtiments du culte).
Le concordat a été négocié avec le Saint-Siège et accepté par celui-ci, mais a été résilié unilatéralement par l'Etat français qui a instauré une loi visant à restituer les biens à l'Eglise si elle acceptait de se soumettre à une certaine tutelle de l'Etat.
Ceci est d'ailleurs reconnu par Saint Pie X lui-même dans "Vehementer Nos" : "Puisque l'Etat, rompant les liens du Concordat, se séparait de l'Eglise, il eût dû comme conséquence naturelle lui laisser son indépendance et lui permettre de jouir en paix du droit commun dans la liberté qu'il prétendait lui concéder (...) Contrairement à ces principes, la loi de séparation attribue l'administration et la tutelle du culte public, non pas au corps hiérarchique divinement institué par le Sauveur, mais à une association de personnes laïques".
Et encore un peu de "V.N." pour confirmer ce quei est écrit plus haut : "Il nous est extrêmement douloureux aussi qu'au mépris de tous les droits, la loi déclare propriété de l'Etat, des départements ou des communes, tous les édifices ecclésiastiques antérieurs au Concordat. Et si la loi en concède l'usage indéfini et gratuit aux associations cultuelles, elle entoure cette concession de tant et de telles réserves qu'en réalité elle laisse aux pouvoirs publics la liberté d'en disposer.".
Enfin, il faut bien se rendre compte de l'évidence : en France, en Belgique et ailleurs, les Catholiques vraiment pratiquants ne sont que fort minoritaires. Et je ne parle même pas des pays non laïcs mais orthodoxes (Grèce) ou musulmanes (Afghanistan)...