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JUIN 2001 A JUILLET 2003

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LE PERE VARILLON, UNE CANAILLE ? Imprimer
Auteur : Le beau gosse de Saint-Nicolas
Sujet : LE PERE VARILLON, UNE CANAILLE ?
Date : 2002-05-23 15:54:46

Son langage est imprécis, vous avez raison (au passage, je m’excuse Rémi de ne pas vous répondre. Je ne pénètre pas le sens de l’allégation que vous me soumettez ) Le Père Varillon insinue le doute dans l’esprit et la thèse qu’il avance, loin de rétablir des certitudes, ajoute à la confusion. Que veut-il dire ? On ne sait. La courte antienne à Magnificat qui termine l’office du Saint Sacrement m’éclaire beaucoup plus que tout ce verbiage qui pue Vatican II :
O sacrum convivum
In quo Christus sumitur
Recolitur memoria passionis ejus
Mens impletur gratia
Et futurae gloriae nobis pignus datur
Alleluia !

De surcroît son allusion au moralisme infantile appliqué à la communion humble du catholique , je la trouve choquante ( « …sinon un Christ qui tombe du ciel dans un morceau de pain pour devenir notre nourriture au sens où cela nous consolera, nous fortifiera, nous permettra de lutter contre les tentations : nous retombons dans un moralisme purement infantile, dans lequel il est impossible que puissent entrer nos contemporains. Le vrai est que toute l’histoire de l’homme devient le corps du Christ » ). Sur le coup il est mal placé. Il se trompe de combat le bon père. Ce moralisme infantile qu’il condamne maintenant, il s’en repaissait au moment de sa chaste liaison avec Simone Chevalier qu’il a menée en bateau en profitant de sa quête de pureté. Il s’est servie d’elle pour magnifier son entrée au noviciat jésuite. Il a détruit cette pauvre femme qui a sombré par la suite dans la débauche la plus effrénnée. Je me permets d’ailleurs de citer la fin du roman de Rebatet, Les deux étendards, où l’on assiste à la confrontation entre les deux amis, Régis ( qui est quand même un personnage très positif dans le roman, supérieur dans une certaine mesure aux deux autres personnages principaux ), alias François Varillon, qui va entrer au noviciat, et Michel, alias Rebatet. Ils parlent d’Anne Marie, alias Simone Chevalier, qui glisse dans l’abîme. Attention ces pages pourraient choquer certains liseurs :
Michel : Ce n’est pas mon dépit qui parle. Je dis qu’elle n’a plus une chance sur cent de s’en tirer, de se relever et que personne n’a plus travaillé que toi à sa perte. Mais je suis encore trop grossier ? Alors voilà une pointe plus fine, tâtes-en, entre tes côtes. Tu n’as même pas eu le courage de quitter Anne Marie. Tu t’es dérobé à ses adieux, tu t’es défilé honteusement. C’est toi que tu as épargné, ce n’est pas elle. Ce qu’elle pouvait ressentir, tu t’en es bien moqué, chaque fois où tu l’a piétinée. Tu l’as trompé une dernière fois pour tes aises. Tu t’es arrangé un petit départ confortable, avantageux, une sorte de petite apothéose. Il ne t’as pas suffi de siroter ton plaisir en le déguisant de tes abjects prétextes… Dans l’épanouissement de ton douillet petit égoïsme, il faut que nous lisions, nous les êtres de boue, la félicité des êtres de Dieu. Ah, ah, tu allonges le nef, cette fois, ça pique, ça cuit, tu verdis. J’atteins le point sensible. Dis moi donc que je mens !
Régis était très pâle en effet. Il venait de se voûter en quelques minutes
Régis : Ce n’est pas possible, murmura-t-il. Tu ne peux pas savoir la douleur que tu me causes.
….
Michel : Toujours envie de s’ésbigner au mauvais quart d’heure , hein ma belle âme. Désolé mais je n’ai pas terminé… Ce qu’Anne-Marie n’a pas voulu te dire, moi je te le dis. Elle saura avec quelle lâcheté tu t’es éclipsé : elle a toujours été trop douce, mais elle t’as jugé sans illusion. Je ne te regarde plus, tu pourrais encore trouver un moyen de m’attendrir. Je pourrais m’imaginer que je revois le garçon de Brouilly, de Paris, de Tristan, de La place Antique. Ce garçon que j’ai aimé n’existe plus. Tu l’a tué à petit feu. Tu l’as enterré sous ta défroque de prêtre. Tu n’es plus que le prêtre, non seulement l’ennemi des hommes, mais le pire ennemi de Dieu, si Dieu existe. Car vous le monopolisez ? Vous en brandissez la plus sinistre, la plus burlesque caricature. Tu m’a rendu d’ailleurs un fameux service, imbécile. J’aurais peut-être eu la simplicité de m’infliger des tourments durant des années. Tu m’a fait voir le christianisme. De ma vie je n’oublierai la gueule qu’il a. Je pourrais encore en parler longtemps… Tu es pour moi le plus ignoble et le plus stupide des criminels. La femme qui t’as aimé, et de quel amour, tu l’as moralement anéantie, tu l’as contaminé avec la saleté qui suinte de toi. De ton meilleur ami, tu as fais un mécréant irréductible. C’est du beau travail chrétien. C’est une entrée de carrière qui fait heureusement présager de la suite. Et maintenant fous le camp. Tu peux aller nager dans les joies, sur le sein de ton Seigneur.

Il tourna le dos d’une pièce, les deux mains enfoncés dans les poches de son manteau.. Michel passa ses deux mains sur sa figure. Il était subitement éceuré de tristesse et de dégoût….



La discussion

      ATTENTION, HERESIES : QUE PENSER DE CE TEXTE !, de Matthieu [2002-05-22 20:19:44]
          "Des hommes opiniastres, et méchans", de Rémi Pau [2002-05-22 20:52:59]
          À votre avis..., de Stéphane Mercier [2002-05-22 20:53:13]
              Parenthèse pour Stéphane, de Ignace [2002-05-22 22:20:08]
                  Vous avez mille fois raison..., de Stéphane Mercier [2002-05-23 09:17:27]
              Je suis tout à fait d'accord., de Matthieu [2002-05-25 18:58:18]
          Foireux..., de le gars du BTAG... [2002-05-22 22:47:50]
          Pas complètement hérétique..., de Frédéric Ronga [2002-05-23 09:46:24]
              Cher Frédéric, de Le beau gosse de Saint-Nicolas [2002-05-23 12:56:15]
                  Et comprenez vous, de Rémi Pau [2002-05-23 13:25:24]
                  Compliqué..., de Frédéric Ronga [2002-05-23 13:48:30]
                      LE PERE VARILLON, UNE CANAILLE ? , de Le beau gosse de Saint-Nicolas [2002-05-23 15:54:46]
                          Sombreval, le "beau gosse", UNE VRAIE CANAILLE !, de Rousseau [2002-05-23 20:41:54]
                              Trois petits points, de Le beau gosse de Saint-Nicolas [2002-05-23 21:04:43]
                          Je confirme, de Xavier ARNAUD [2002-05-23 21:05:27]
                              De grâce, de Rousseau [2002-05-23 21:17:04]
                                  Je crains que le P. V., de Xavier ARNAUD [2002-05-23 21:23:29]
                                      C'est vous qui avez raison..., de Rousseau [2002-05-23 22:37:43]
                              Ouh le vilain !, de Torquemada [2002-05-25 19:29:14]
                          Je n'ai pas lu le Père Varillon, mais je mets à  [...], de ATHANASE [2002-05-23 23:12:54]
                              Oui ! Il s'agit bien d'une érudiation..., de Rousseau [2002-05-23 23:32:33]
                                  Mon clavier me trahit..., de ATHANASE [2002-05-25 01:14:19]
                              Sur le Corps mystique , de Le beau gosse de Saint-Nicolas [2002-05-24 00:31:19]