Mais c'est fait, cher monsieur ! N'avez-vous point entendu parler du nouvel "Institutio generalis" qui est la deuxième réforme du Novus Ordo...(en 30 ans d'existence, c'est déjà une belle performance en soi !)
Il y est notamment question de donner plus de pouvoir d'adaptation aux conférences épiscopales. On a déjà abandonné le latin, voici que le rit lui-même va être adapté. Aucune importance d'ailleurs, puisque le NOM fait plutôt figure d'Arlésienne qu'autre chose. Encore un coup contre ce qu'on n'ose plus appeler la messe ROMAINE. Et puis, il faut dire que les conférences épiscopales ont eu tellement de bonheur dans leurs initiatives liturgiques depuis 30 ans qu'il eût été dommage de s'arrêter en si bon chemin.
IL y est aussi question de permettre l'utilisation de "prières eucharistiques" supplémentaires. On sait que l'admirable Canon de la messe traditionnelle avait été "remplacé" par quatre prières eucharistiques différentes, évidemment plus médiocres, comme l'ensemble de la réforme. Le Canon marquait l'universalité des intentions et des effets du Saint Sacrifice de la messe et aussi sa romanité en citant d'une part les Apôtres mais aussi les premiers martyrs et saints de l'Eglise primitive de Rome. Voici qu'on nous propose maintenant et entre autres une "prière eucharistique de la réconciliation"...Bravo ! Pourquoi ne pas supprimer le Canon - ou ce qu'il en reste - pour lui substituer la "prière universelle" (qui n'a rien d'universel, d'ailleurs).
Et puis il y a aussi la communion sous les deux espèces...Rien de condamnable dans cette mesure sur le plan propre du principe. Le problème, c'est que la communion sous les deux espèces qui a existé jusqu'au XIIIème siècle, en même temps que la communion à la seule hostie, a justement été supprimée d'une manière générale non à cause du principe, mais à cause des risques d'effusion du Sang du calice. Eh oui, quand on voit nos braves CFDTistes distribuer la communion aujourd'hui, nos chers curés marquer des signes toujours plus respectueux et adorateurs du Corps de Notre Seigneur, on a dû se dire qu'on ne courait absolument pas le risque d'effusion. A moins que...à moins que les fidèles comme certains prêtres se moquant si ouvertement du respect dû aux espèces consacrées, on a considéré que le problème ne se posait plus. Encore un effet désastreux de l'archéologisme sur le plan liturgique qui est d'ailleurs justifié dans le prologue de l'"Institutio generalis" au paragraphe "la Tradition ininterrompue". On y signale qu'aujourd'hui, on a retrouvé des textes de pères de l'Eglise qui éclairent mieux telle ou telle partie du sacrifice et que donc, on n'aurait tort de ne point s'en servir.
Belle conception de la Tradition, en vérité ! Comme si la messe traditionnelle n'était pas la pierre précieuse finement taillée au cours des siècles pour avoir retenu la sainteté des usages et des prières et avoir écarté les habitudes superflues. Comme s'il avait fallu attendre Vatican II et la réforme de Paul VI pour enfin s'inspirer des Pères de l'Eglise ; la Tradition est un développement homogène et lent, harmonieux et enrichi, mais en aucun cas l'application brutale de mesures antiques n'a un sens en matière de liturgie. On est bien dans une liturgie "fabriquée", comme le disait le Cal Ratzinger !
On pourrait conseiller à nos catholiques conciliaires et conservateurs un autre usage antique : ils n'ont qu'à faire leurs cérémonies dans des catacombes ! Au moins, dans les caves, la laideur et la nullité crasse de leurs réformes seront cachées aux yeux du monde qui n'en peut déjà plus...
le NOM est "né" (au forceps) en 1969. Son premier "aggiornamento" date de 1975. Voici donc le deuxième. On aurait pu penser que, vu l'étendue du désastre, nos cardinaux en charge de ces problèmes auraient mis un peu d'eau dans leur vinasse. C'est l'inverse, et Infocatho de jubiler : "les modifications annoncées ne vont pas exactement dans le sens souhaité par le Cal Ratzinger dans son livre "l'esprit de la liturgie". Ouuuf, on a eu chaud !!!
Ainsi donc, la "réforme de la réforme" a bien lieu, mais dans le sens exactement inverse aux partisans (peu nombreux, il est vrai) du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi. Les "il y a un renouveau" et les "ça va s'arranger" avec lesquels on nous bassine depuis 15/20 ans vont reprendre du service.
Heureusement, il se trouve quelques catholiques conscients et courageux pour maintenir sous l'orage et dans la nuit la liturgie, le rit de 1962, la messe traditionnelle, "source du véritable esprit chrétien" (st Pie X). Et vous voudriez que l'on confie celà à la commission Ecclesia Dei ? Tss, tss...