Ce que je voulais écrire, cher Justin, c'est que même sur le plan formel la façon dont a été célébrée cette messe hier n'était pas digne.
Quand j'écris "Admettons même qu'il n'ait pas la foi", cela signie "même s'il n'avait pas la foi", et non pas "faisons-nous à l'idée qu'il n'ait pas la foi".
Une chose est certaine : je n'ai que rarement vu un Offertoire aussi baclé, jamais en tout cas offert par un évêque.
Ce qui me choque, c'est que tout cela s'opère dans une ambiance générale plutôt recueillie, qui peut faire dire à qui ne s'y attarde pas, "ah ! c'était une belle messe !"
Oui, sur le plan de la prière, on peut dire et admettre que l'on était porté.
Mais le problème, c'est que nous sommes aussi là pour rendre un culte à Dieu et pour nous "unir à l'Action sainte du sacrifice chrétien qui s'accomplit à l'autel". (pour faire court...)
Et l'on ne peut franchement pas dire que l'on sentait une quelconque crainte de Dieu, un quelconque respect de Dieu chez le président (sic) de cette célébration. (sic)
Si nous professons la même foi catholique, les mots n'ont assurément pas le même sens en nos bouches et en nos coeurs.
Il me parait sidérant, si l'on croit en la présence réelle, si l'on croit à ce qui s'opère sur l'autel au moment de la Consécration, que l'on puisse ainsi négliger un Offertoire déjà fortement épuré par la réforme post-conciliaire.
Cela me semble incohérent, voila tout.
Je crains que nos évêques aient un rôle exemplaire à jouer.
Je crains que certains des prêtres l'entourant hier l'aient bien enregistré.
Je crains que bien des laîcs présents dans l'assistance soient aujourd'hui familiarisés avec ce type de culte minimaliste. Et qu'ils finissent par oublier l'essentiel.
Peut-être est-ce y aller un peu fort que d'écrire et déplorer cela.
Sans doute est-ce le symptome d'une maladie certaine.
Oui, sûrement même : tout cela me rend malade.
Parce que c'est de l'Eglise qu'il s'agit. Parce que l'on est là au coeur de la Foi. De ma Foi, en tout cas.
In Christo Rege,
Xavier ARNAUD