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Un évêque formidaaaaaaaaaaable... Imprimer
Auteur : Xavier ARNAUD
Sujet : Un évêque formidaaaaaaaaaaable...
Date : 2002-03-17 22:05:12

Branle-bas de combat au point d'appui d'Onzain (diocèse du Loir-et-Cher) : Mgr de Germiny en est l'hôte en ce dimanche bruinant.
Je n'ai personnellement assisyté qu'à la messe de dix heures quarante cinq.
La scène se déroule à Chaumont sur Loire, en la paroise saint Nicolas.
J'arrive un peu en avance, de peur de ne pas trouver une place libre sur le parvis de l'église.
L'église est en effet presque pleine.
Pas de quoi en faire pour autant un plébiscite pour Monseigneur. Trois paroisses au moins sont ici réunies pour l'occasion.
L'exactitude étant comme chacun sait la politesse des rois, Monseigneur de Germiny se fait attendre.
La messe commencera avec près de 10 minutes de retard.
10 minutes largements suffisantes pour constater qu'une table a été dressée dans le choeur, pour remplacer le mMître-Autel.
Son Eminence tournera donc le dos au Bon Dieu. Soit...

A l'entrée de la messe, je dois l'avouer, j'ai été assez ému. Il n'y a pas à dire, même avec ces ornements horribles post-conciliaires, un évêque avec mitre et crosse, cela a de la gueule. Cela dégage quelque chose.
Une grâce que leur confère leur ministère, en quelque sorte.

L'émotion est vite retombée, cela dit.

Monseigneur va baiser l'autel, montrant ainsi bien haut son derrière au Bon Dieu, qui aurait pu en profiter pour lui donner un bon coup de pied bien placé.
Notre évêque est perdu. Il est là, devant l'autel, ne sachant que faire. On lui tend un encensoir. Autant donner un ouvre-boite à une poule. Tant bien que mal, l'autel sera encensé une première fois...
On lui fait quelques signes. Il va rejoindre sa chaise, finalement.

Après un petit mot d'accueil, Monseigneur s'avance : "La Paix soit avec vous !"
La messe commence.
Deux paroissiennes viendront lire les lectures du dimanche. Des professionnelles des équipes liturgiques, manifestement.
Suit l'évangile, lu par un diacre.
Puis c'est le moment de l'Homélie.
J'espère au fond de moi quelque chose d'un peu vigoureux. La résurrecytion de Lazare, ce n'est pas rien.
Vous en trouverez ci-dessous le texte.
Puissiez-vous en tirer le profit que j'ai vainement recherché...

Après le CREDO et la Prière Universelle, que Monseigneur de Germiny complètera d'une intention pour le diocèse de Lyon et pour l'évêque de Cali, assassiné dans la nuit, vient le moment de l'Offertoire.
Nouveaux tours de moulinets autour de l'autel.
L'Offertoire d'une façon générale est bâclée. A ce stade, on peut même se demander dans quelle mesure il s'agit même d'un Offertoire.
Les paroles de bénédictions du pain et du vin ne sont manifestement ni lues ni récitées.
Pendant ce temps les prêtres concélébrants sont encensés par le diacre. Manifestement, deux d'ntre eux n'avaient pas connu tel honneur depuis des lustres. Mais ils ne boudent pas leur plaisir pour autant.
Le canon romain est ensuite lu. Concerto à quatre voix.
Là, on en est sûr, la plupart des concélébrants n'est pas habitué à pareille lecture.
Au final, Monseigneur nous gratifie d'un "Per ipsum et cum ipso..." du meilleur effet.
Emporté par son élan, il poursuit : "Oreeeemus. Praeceptis salutaribus moniti, et divini institutione formati, audemus dicere".
A nous faire regretter qu'il ne se soit pas montré aussi nostalgique plus tôt.
Mais Monseigneur retrouvera vite ses esprits. Le vernaculaire reprend ses droits.
Jusqu'au baiser de paix, histoire de détendre les foules.
Histoire aussi de manifester l'unité du point d'appui, ces trois paroisses de Chaumont, d'Onzain et d'Herbault. Une palme pour les ressortissants de ces deux dernières qui semblent plus rompus à pareil exercice.
Les premiers se préparent déjà à la Communion...
La messe se termine par la bénédiction de l'évêque, en vernaculaire, puis l'Ite missa est, en latin, lui.
Une bonne heure et demie après avoir commencé, la Messe s'achève.
Monseigneur montrera une nouvelle fois son derrière au Bon Dieu et remontera ensuite la Nef, toujours mitré et crossé. Mais il ne bénira pas le peuple au passage.

Comment à l'issue d'une telle messe, ne pas être un peu perturbé ?
Ce qui frappe d'emblée, c'est le manque de cohésion de l'ensemble, une large place laissée par Monseigneur à l'improvisation, un manque total de rigueur quant au rite, alors même que tout avait été disposé pour que tout se déroule "dans les règles".
Alors, me direz-vous, et comme me le rappelle justement Jean Kinzler, "nos évêques ne sont pas infaillibles". Ce sont des pècheurs, certes, comme nous sommes pècheurs.
J'en conviens.
En l'espèce, Monseigneur de Germiny a donné l'impression de ne pas croire en ce qu'il faisait. Tout ce qu'il opérait, il l'opérait du bour des doigts.
Admettons même qu'il n'ait pas la foi.
Bon sang (pardon au responsable du BTAG), bon sang, donc : au moins qu'il fasse "son boulot correctement".
Le moindre ouvrier qui effectuerait aussi mal ses taches quotidiennes, qui aurait des gestes aussi imprécis serait invité vertement par son patron à refaire son ouvrage correctement. Et s'il n'y parvient décidément pas, il se verrait mettre alors à pied.
Là, non.
Monseigneur tripatouille le rite, arrange sa sauce comme bon lui semble. Il sait qu'il ne risque rien ici.
Ce ne sont pas ses formidaaaaaables confrères qui viendront lui faire la moindre remarque.
Quelle souffrance, mon Dieu ! Que de prières nous faut-il réciter !

XA

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Homélie de Monseigneur de Germiny
Dimanche 17 Mars 2002

" Il faudra nous souvenir de ces annonces et nous souvenir aussi de l'Evangile qui a été proclamé.
La résurrection de Lazare nous émerveille toujours et on peut se demander pourquoi ce jour là, Jésus ne remporta pas l'adhésion de tous à sa personne et à sa mission.Saint Jean remarque, d'ailleurs, que beaucoup d'entre les juifs qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.C'est sur ce constat que se termine la lecture de l'Evangile de ce cinquième dimanche du carême.Il me semble que les liturgistes auraient beaucoup apporté au peuple de Dieu,à nous donc,dans la compréhension du mystère du Christ sauveur, en ajoutant les versets suivants que je vais vous lire:
"Beaucoup d'entre les juifs qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu'Il avait fait, crurent en lui.Mais certains s'en furent trouver les pharisiens et leur dire ce qu'avait fait Jésus.Les grands prêtres et les pharisiens réunirent alors un conseil:"Que faisons-nous ? disaient-ils, cet homme fait beaucoup de signes.Si nous le laissons ainsi,tous croiront en lui,et les Romains viendront et ils supprimeront notre Lieu Saint et notre nation."Mais l'un d'entre eux, Caïphe, étant grand prêtre cette année-là, leur dit : " Vous n'y entendez rien,Vous ne songez même pas qu'il est de notre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas toute entière." Or cela il ne le dit pas de lui même; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation - et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés.Dès ce jour-là donc, ils résolurent de le tuer."
Vraiment, cet homme Jésus fait beaucoup de signes, dignes de foi. Mais alors,nous venons de l'entendre qu'adviendra-t-il de notre nation, de notre Lieu Saint ? Le dilemme est posé:être ou ne pas être, to be or not to be, mais en référence à qui ? à quoi ? . Un temps nouveau semblerait commencer avec Jésus, mais alors quelle survie pour nos institutions, nos traditions ? Alors, vous l'avez entendu, il y a la prise de parole de Caïphe, grand prêtre cette année-là.Jean reçoit les mots de Caïphe comme une prophétie.C'est à dire une parole inspirée par l'Esprit de Dieu, parole qui ne peut-être que vérité, à cause de la fidélité de Dieu, qui se sert même du cœur partagé de celui qu'Il a choisi pour accomplir une mission, un service au nom de Dieu.La réalité de l'incarnation du Christ éclate dans l'histoire et dans le temps du peuple élu, tout en révélant la divinité de Jésus qui entraine tous les hommes dans le dessein éternel du salut.Caïphe prophétisa que Jésus allait mourir, non pas, pour la nation seulement, mais encore, afin de rassembler dans l'unité, dans la communion, les enfants de Dieu dispersés.
C'est une grande grâce, pour moi, d'avoir relu avec vous, chrétiens des secteurs d'Herbault d'Onzain et Chaumont cet Evangile, qui nous parle de la résurrection de lazare, annonce de la résurrection du Christ, véritable point d'appui de notre foi.
Je conclurai cette méditation en citant quelques paroles d'Ezéchiel ou de Jésus..Puissent-t-elles, ces paroles, guider notre réflexion sur l'Eglise afin que nous constituions un peuple saint, vivant et animé de la charité du Christ,ainsi que nous le disions dans l'oraison du début de la Messe.D'Ezéchiel je retiendrai:"je vais ouvrir vos tombeaux,je mettrai en vous mon Esprit et alors vous vivrez." De Jésus je reprendrai:"Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde, mais celui qui marche pendant la nuit trébuche parce que la lumière n'est pas en lui.". A chacun de nous Jésus nous dit et je prends ses paroles au chapitre 8 de Saint Jean, ces paroles qui débutent un livre que beaucoup d'entre vous ont lu qui je sais, est repris par la nouvelle génération, l'Imitation de Jésus Christ, la secuella Christi.Ainsi Jésus affirme et c'est ainsi que nous pouvons comprendre dans quelle lumière nous pouvons marcher" Je suis la lumière du monde, qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie " Amen.

 



La discussion

      A méditer., de Chantal [2002-03-17 16:42:59]
          Réaction..., de Troll Singer [2002-03-17 18:00:48]
              Vous n'avez rien compris (pdt), de Chantal [2002-03-17 18:46:31]
                  Sacrée vous !, de Xavier ARNAUD [2002-03-17 19:17:19]
                  Mhhh...., de Troll Singer [2002-03-18 23:33:07]
                      fumer=acte désordonné, de E A [2002-03-19 14:37:18]
                          Les évêques font du social, de Justin Petipeu [2002-03-19 15:59:50]
                              A temps et à contre temps, de E A [2002-03-19 16:30:19]
                          Zut..., de Troll Singer [2002-03-19 19:51:36]
                              Si vous voulez du sport, de E A [2002-03-20 10:43:35]
                                  J'ai bien trouvé la réponse, mais..., de Xavier ARNAUD [2002-03-20 13:31:39]
                                      vers l'ego, de E A [2002-03-20 15:31:37]
          Eh oui!!, de BILLIG Marc [2002-03-17 19:18:03]
          Autre remarque fraternelle, de Xavier ARNAUD [2002-03-17 19:33:55]
          Un évêque formidaaaaaaaaaaable..., de Xavier ARNAUD [2002-03-17 22:05:12]
              Malade ?, de Justin Petipeu [2002-03-17 23:47:29]
                  On aura tout vu !, de Rousseau [2002-03-18 00:08:26]
                  Symptomes, de Xavier ARNAUD [2002-03-18 08:10:31]
              C'est déjà énorme !, de Schola st Maur [2002-03-18 08:09:13]
                  Mais on se moque du latin, si..., de Xavier ARNAUD [2002-03-18 08:13:58]
                      (pdt), de Pierre MARCIANI [2002-03-18 22:22:31]
                      Vouas avez raison..., de Schola st Maur [2002-03-19 16:52:40]