Lu dans Le magistère de l'Homme-Esprit de Louis Claude de Saint-Martin, dont les oeuvres ressortissent au courant illuministe dont Jakob Boehme fut l'apôtre. Il soutient ce lieu commun, particulièrement apprecié des orthodoxes qui ne jurent que par l'Esprit (d'où leur penchant à mettre des majuscules partout : le Souffle, la Vie, l'Esprit...)et qui aiment à soutenir que Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu ( cf: le concept d'humano-divinité du philosophe russe Berdiaev pour qui l'Esprit libère, au rebours de l'Etre, propre à la théologie médiévale et au thomisme, qui asservit ): "Le catholicisme est la religion de l'affranchissement et de la liberté : le catholicisme n'est que le séminaire du christianisme, il est la religion des règles et de la discipline du néophythe". Plus loin encore : "Le christianisme remplit toute la terre à l'égal de l'esprit de Dieu. Le catholicisme ne remplit qu'une partie du globe, quoique le titre qu'il porte se présente comme universel. Le christianisme porte notre foi jusque dans la région lumineuse de l'éternelle parole divine; le catholicisme borne cette foi aux limites de la parole écrite ou des traditions. Le christianisme nous montre Dieu à découvert au sein de notre être, sans le secours des formes et des formules(ben voyons). Le catholicisme nous laisse aux prises avec nous mêmes pour trouver le Dieu caché sous l'appareil des cérémonies. Le christianisme est le terme, le catholicisme, malgré la majesté imposante de ses solennités, et malgré la sainte magnificence de ses admirables prières n'est que le moyen. Le christianisme ne peut être composé que de la race sainte qui est l'homme primitif (d'avant la chute), ou de la vraie race sacerdotale. le catholicisme qui repose particulièrement sur la messe, n'était lors de la dernière pâque du Christ qu'aux degrés initiatifs de ce sacerdoce... le christianisme devient un perpetuel accroissement de lumières, dès l'instant que l'âme de l'homme y est admise: le catholicisme qui a fait de la sainte Cène la plus sublime et le derniert degré de son culte, a laissé les voiles s'étendre sur cette cérémonie ". Il est affligeant de constater que les sectateurs de Vatican II, ces monomaniaques de l'universel qui soupirent après l'idéal chimérique du christianisme primitif, pourraient faire siennes ces vues, qui recouvrent toutes les erreurs mortifères issues du protestantisme,de l'orthodoxie, de l'illuminisme chrétien. De fait le concept de tradition vivante qu'ils brandissent triomphalement leur donne paradoxalement toute lattitude pour faire regresser la religion catholique vers ce soit disant âge d'or placé sous le signe de l'Esprit. De là cette prédilection des artisans du NOM pour les formules fumeuses censées libérer des effluves spirituelles mais qui nous font tomber d'inanition. De fait cet obsession de l'Esprit implique un retour vers le néo-platonisme sous le régime duquel vivait les Pères de l'Eglise, portés sur la divinisation de l'homme, atteinte à la faveur d'un dépouillement et d'un détachement quasi-total à l'égard du monde, ce néo-platonisme que la Renaissance dans son ignorance a cru redécouvrir mais dont la théologie médiévale avait parfaitement assimilé l'esprit pour la transcender. C'est pourquoi la doctine catholique atteint à cette merveille d'équilibre entre le corps et l'âme, le naturel et le surnaturel. De là cette appétence du beau qui est la marque du catholique, cet amour de l'art dont se défient les spiritualistes du dimanche qui pensent être en accord avec le christianisme authentique: " Ce qui est beau réunit, ce qui est beau vient de Dieu, je ne puis l'appeler autrement que catholique" (Claudel). De là cette Eglise moderne et regréssive qui cultive le laid et la médiocrité, qui aux suberbes préfère les esprits ratatinés, sous le prétexte fallacieux d'un retour aux origines qui, loin d'élever et de "diviniser" le fidèle, le fait choir dans les ordures.