... non plus de provocation, même si je ne partage pas sa sévérité: je connaîs même des gens qui ne sont guère touchés par le rite traditionel ou même par des célébrations du rite "paulinien" de la manière la plus tridentine. Ne faut-il pas agir par étapes ? Une restauration brutale risquerait de constituer un symétrique de ce que la liturgie a connu dans les années 60 et 70. Le "traditionalisme" gagnerait à ne pas imiter ce que nous avons subi.
Une restauration générale du rite tridentin, qui ne tiendrait pas compte des habitudes et des mentalités, ne serait pas forcément "productive". C'est le danger de croire qu'il existe un "traditionalisme" spontané qui négligerait l'effort et l'éducation. l'abbé Barthe le remarquait dans son livre "Reconstruire la liturgie" lorqu'il relatait la gêne de ceux qui, non habitués à cette liturgie, ont, au premier abord, une impression négative.
On pourrait - je parle bien sûr au conditionnel: je n'ai pas les rênes du gouvernement de l'Eglise - imaginer des liturgies "para-traditionnelles" qui assumeraient une fonction d'initiation (messe en vernaculaire célébrée face à Dieu, communion dans la bouche, canon dit en latin...) et qui coexisteraient avec des messes traditionnelles qui, elles, seraient entièrement dites en latin. Bien sûr, ces liturgies "para-traditionnelles" ne seraient pas considérées commes des sous-liturgies, mais bien comme des liturgies à part entière et leurs fidèles ne devraient pas être assimilés à des troupeaux en voie de disparition. Là aussi, il faudrait éviter de traiter ces fidèles comme on a pu traiter les catholiques fidèles au rite tridentin...
Mais je me hasarde un peu trop: il faudrait déjà que la situation soit un peu plus calme et les esprits plus attentifs et bienveillants...
Je souhaite aux liseurs une très bonne année 2002. Tous mes voeux de santé et de réussite (spirituelle aussi, bien sûr). Et que dieu nous garde !