Les réformes liturgiques de Pie XII ont essentiellement consisté à promulgué un nouvel "Ordo Hebdomadae Sanctae", à autoriser des éditions bilingues latin-vernaculaire du Rituel romain et à raccourcir le jeûne eucharistique permettant ainsi la célébration de messes le soir. Un indult de Pie XII permet également la récitation du "Pater" par les fidèles à la messe basse. La FSSP, comme la FSSPX, admettent ces réformes, mais n'usent pas toujours de l'indult susvisé. Cependant certains prêtres de l'Institut du Chrisst-Roi ont entrepris de revenir à l'ancienne Semaine Sainte, avec quelques aménagements dans le sens du nouvel ordo de 1954. De même les groupes sédévacantistes n'utilisent généralement pas cet ordo.
Les réformes de Jean XXIII portent elles directement sur la célébration de la messe avec la promulgation en 1960 d'un nouveau "Codex rubricis" retouché en 1962. Voilà les grandes lignes de ces modifications :
-nouvelle classification des jours liturgiques en cinq "classes" avec simplification des règles d'occurence et de concurrence;
-suppression de la "stola latior" et de la chasuble pliée en Carême pour le diacre et le sous-diacre, lesquels portent dorénavant en tous temps la dalmatique et la tunique;
-autorisation des encensements aux simples messes chantées;
-caractère facultatif de la barrette;
-raccourcissement de la bénédiction des cierges à la Chandeleur et institution du port d'ornements blancs et non plus violets;
-suppression des prières au bas de l'autel lorsque la messe est précédée de certaines actions liturgiques (bénédiction des cierges, des rameaux, etc..)
-suppression du doublement des lectures par le célébrant lorsqu'elles sont chantées par le lecteur, le sous-diacre et le diacre (le prêtre va à la banquette pendant le chant de l'épître);
-suppression du confiteor avant la communion des fidèles;
-généralisation de la formule de renvoi "Ite, missa est" même aux messes sans Gloria, sauf action liturgique postérieure ou messe des défunts;
-généralisation du Prologue de Saint-Jean comme Dernier Evangile, sauf exceptions;
Le "Codex rubricis" de 1960 est officiellement utilisé par la FSSPX mais l'habitude s'est prise de conserver le confiteor avant la communion. La FSSPX se réfère également à ce codex mais certains prêtres usent aussi de la faculté accordée par "Ecclesia Dei" d'aménager le rite de 1962 selon les pratiques expérimentées aux Barroux depuis 20 ans(directoire de 1995). L'ICR n'applique pas le Codex de 1960 sauf quand ça l'arrange (encensements aux messes chantées...) pas plus que les groupes sédévacantistes.
Conclusion : Chacun fait un peu ce qu'il veut et ça devient difficile d'avoir une célébration conforme à l'editio typica de 1962. La FSSPX s'en rapprocherait le plus, malgré le "coup" du confiteor, et c'est cet alignement qui a accéléré, aux USA, vers 1984, le départ de certains prêtres de la Fraternité vers les groupes sédévacantistes (l'Abbé DOLAN, devenu évêque schismatique depuis...).
Ma position, c'est qu'on devrait s'en tenir au rite de 1962 avec les aménagements de 1995 mais sans rien ajouter ou retrancher de plus. En évitant par exemple la lecture du Canon à voix haute, l'intrusion du vernaculaire en dehors des lectures, l'apparition de "monitions" entre les prières, l'omission de certains ornements (manipule, bourse...)