l'Eglise dit la chose suivante :
- Nous avons une conception de l'amour et du rapport dans le couple qui induit la chasteté et la fidélité. Risque de contamination : zéro.
- Maintenant, chaque cas est particulier. Il y a les incroyants, il y a les pécheurs : si on a, pour une raison ou une autre, des rapports sexuels risqués, il faut réduire les risques au maximum pour protéger la vie.
Je connais ainsi un prêtre éducateur de rue qui pare au plus pressé en fournissant des préservatifs à ses gamins, mais tâche de les éduquer, travail de longue haleine, au sens de l'amour véritable. Il s'agit d'un pis-aller, qui ne réduit pas tous les risques, mais qui les réduit plus que le message officiel des campagnes françaises : "ne réfléchissez pas aux responsabilités sexuelles, ce n'est pas grave, vous êtes protégés par le préservatif". Si c'est vrai, pourquoi cette campagne de la mairie de Paris, il y a un an ou deux, pour promouvoir le traitement du lendemain et dont l'un des slogans disait en substance :"mon préservatif s'est rompu hier, je crains d'être contaminé. Que faire ?"
Je ne comprends pas votre histoire "d'insulte", d'autant que, dans les pays du tiers-monde notamment, la prise en charge des malades est massivement assurée par des organismes catholiques. Ainsi en Inde, où les catholiques sont très minoritaires, les organisations catholique sont le deuxième pourvoyeur de services sociaux derrière l'Etat. Si vous voulez savoir ce que sont vraiment les insultes, je peux vous mettre en rapport avec mes anciens petits copains d'Act Up, qui expliquent à la télévision (sidaction) que l'on parle trop des bébés atteints du sida là où on ne devrait parler que des homosexuels, et qui ajoutent en privé : "le seul bon hétérosexuel est l'hétérosexuel mort" (je vous jure que je ne l'invente pas).
Personnellement, je n'utilise plus de préservatif depuis un bon moment, et je n'ai jamais été aussi peu en position d'attraper ou de transmettre un virus. Vous semblez prendre la position de l'Eglise pour un diktat arbitraire; c'est en fait le résultat d'une analyse très complexe de l'homme et de l'amour que je vous invite à découvrir pleinement avant de vous faire une opinion définitive. De surcroît, je vous assure que médicalement c'est une solution aussi sûre que possible. Le gouvernement britannique axe d'ailleurs ses campagnes laïques sur la même idée (abstenez-vous et si vraiment vous ne pouvez pas protégez-vous) et j'ai vu les mêmes conseils dans le livret de santé de ma nièce à sa naissance (livret officiel remis par les services concernés du gouvernement français). C'est du simple bon sens.
Votre dernier message m'a l'air sincère, je ne doute pas que vous réfléchissiez honnêtement à ces questions comme nous nous efforçons tous de le faire. Peut-être pourriez-vous jeter un oeil sur le livre de Tony Anatrella, L'Eglise et l'amour, qui synthétise clairement les positions de l'Eglise loin des messages tronqués habituellement relayés par les medias.
Amicalement
Jean-Baptiste
- qui a changé de militantisme et n'a jamais été en si bonne forme