Vous permettez que je vous appelle Léo, n'est-ce pas ?
J'ai bien noté votre touche d'humour, rassurez-vous, et la pincée de provocation qui va avec.
Vous me donnez néanmoins l'occasion de rappeler ici que ce Forum n'est pas un forum réservé aux seuls tenants du rite de Saint Pie V, mais bien aux catholiques de façon générale.
Il me semble d'ailleurs qu'un nombre non négligeable de nos liseurs et de nos diseurs n'assistent pas (voire même n'ont jamais assisté) à une messe dite selon le rite de saint Pie V.
Je crois fermement que bien des catholiques qui assistent au NOM peuvent tout autant prétendre inscrire leur Foi dans la Tradition séculaire de notre sainte Eglise catholique et romaine que certains catholiques qui ne se reconnaissent "que" dans le rite tridentin.
M'est avis que votre boutade a quelque chose de significatif.
Je comprends que cette homélie, qui s'inscrit dans un autre calendrier liturgique que le vôtre, puisse vous paraitre aujourd'hui moins d'actualité. Ce serait nier l'essence même du rythme liturgique que de vous en faire le reproche. (Le Cardinal Ratzinger en parle de façon saisissante dans son dernier livre paru en français "L'esprit de la liturgie"... l'avez-vous acheté ? hihi)
En revanche, comme le dit notre ami Justin, il me semblerait plus intéressant de réagir sur le fond de cette homélie (si le coeur vous en dit, et si vous y trouvez matière à réaction), plutôt que de manier ainsi l'humour, qui mène au dénigrement, qui nous détourne en l'occurrence de ce qui est important.
Concernant Monsieur l'abbé Laffargue, les liseurs savent en général, oui, les liens qui m'unissent à lui.
J'ai quelque mal à vous voir ainsi l'exclure de la tradition catholique sous le seul prétexte que cette homélie correspond au calendrier liturgique actuel.
Le fait qu'il puisse célébrer le NOM n'en fait pas à mes yeux un "collabo" de la Cause moderniste et progressiste. Il faut savoir regarder et observer avec d'autres lunettes que celles que nous tendent tel et tel.
Ce qui compte, c'est le bien des âmes et leur Salut.
Et sur ce point là, je crois pouvoir penser que l'oeuvre de l'abbé Laffargue est tout aussi digne que celle de n'importe quel prêtre estampillé "tradi" par le bons soins de quelque bon penseur et quelque bon docteur ès liturgie.
L'amour de l'Eglise est certainement une dimension qui importera au moment du jugement.
On peut aimer sans bêler. Aimer ne veut pas dire que l'on n'ait pas à souffrir, vous le savez autant que moi.
Le parcours de l'abbé Laffargue ne s'est à mes yeux jamais inscrit dans la facilité. Ni hier ni aujourd'hui.
A titre personnel, il me parait abominable que notre Eglise de France puisse ainsi "sous-employer" un prêtre comme lui, cantonné à un simple rôle de curé de paroisses (3), alors même qu'il pourrait faire grand bien si on lui confiait le soin d'un plus grand nombre d'âmes.
Mais la Providence l'a mené là. Et l'abbé Laffargue l'accepte.
Alors, voyez-vous, c'est un peu pour cela que j'ai du mal à vous voir ainsi manier l'humour facile derrière un pseudo facile, pour pratiquer un semblant de caricature, qui - de façon innocente, mais indubitablement - peut conduire tel ou tel liseur à ne même pas lire la dite homélie, lisure qui lui demandera plus d'effort que de sourire à votre petite ironie.
Nous regorgeons trop d'informations navrantes, que ce forum véhicule volontiers, qui -elles- peuvent nous offrir l'occasion de tempêter, de pester, de râler ou de railler, pour nous permettre le luxe de balayer d'un trait de clavier un texte qui présente quelque intérêt.
Je ne vous adresserai pas le carton jaune de rigueur, puisque vous m'aurez au contraire donné l'occasion de préciser un peu ma "laffargolâtrie bêêêlante" que l'on ne manquera pas de me reprocher.
C'est un peu la rançon d'une longue fidélité et d'une solide amitié.
Je ne vois pas les choses autrement.
Pour finir, je laisse à votre intelligence le soin de discerner si tel ou tel sermon du Cardinal Lustiger mérite ou non d'être publié sur ce forum. Je n'y vois guère d'inconvénient de principe, s'agissant là d'un cardinal catholique.
Je n'ai en revanche pas l'heur de pouvoir mettre la main sur ses textes. Mais n'hésitez pas, si le coeur vous en dit.
In Christo Rege,
Xavier ARNAUD