Il me semble que ce qui sépare fondamentalement les contre-révolutionnaires des adeptes de la "démocratie révolutionnaire", c'est justement une certaine vision de l'homme. Pour distinguer la gauche et la droite, on dit généralement que les gens de droite se méfient de la nature humaine alors que, ceux de gauche, sont progressistes, c'est-à-dire qu'ils croient tout comme Rousseau en une "perfectibilité" naturelle de l'espèce humaine. Ils sont "mélioristes" dans le sens où ils visent à améliorer les conditions de vie de l'être humain sur cette terre. Les démocrates, même s'ils ne cessent de clamer haut et fort qu'ils défendent les Droits de l'Homme, ne se font en fait aucune idée de ce que peut être un homme, c'est-à-dire un être concret pris dans un tissu de relations sociales. Pour eux, le propre de l'homme, c'est de n'avoir pas de propre. L'individu a tous les droits. On peut donc faire ce qu'on veut de l'être humain...