Il y a quelques mois, vous me demandiez quelle était le texte exact où monsieur l'abbé Barthe établit un lien entre les controverses politiques relatives à l'AF et le naturalisme, conception qui exclut toute influence religieuse sur la vie de la cité et des hommes.
En effet, l'auteur écrit: "Toute l'ambiguïté de l'affaire vient de ceci: les critiques catholiques de Maurras dénonçaient à juste titre l'influence sur sa pensée du positivisme d'Auguste Comte et le fait qu'il ignorait l'ordre surnaturel; mais ces critiques s'appuyaient sur un autre type de naturalisme, celui du libéralisme catholique et de ses dérivés qui concrètement évacue le surnaturel dans la sphère du privé. TOUTE QUERELLE THEOLOGIQUE EST AUSSI POLITIQUE, ET CELLE-LA L'A ETE PLUS QUE TOUT AUTRE (c'est moi qui souligne): il y avait un aspect politique dans le néothomisme des défenseurs catholiques de Maurras, comme le Père Pègues, dominicain, ou le suarézianisme (doctrine se référant à Suarez, théologien du XVII eme siècle)du P.Descoqs, jésuite, et du Père Maignen, mais il y avait un aspect non moins politique dans la pensée philosophique de ses adversaires, Laberthonnière et Blondel " (Claude Barthe, "Trouvera-t-il encore la Foi sur la terre - Une crise de l'Eglise: histoire et questions", François-Xavier de Guibert, 1996).
L'ouvrage de l'abbé Barthe, bien que consacré au problème plus général de la crise de l'Eglise, nos donne un très bon éclairage sur la période des années 20 et 30. Si on devait résumer trsè sommairement la thèse de l'abbé Barthe, disons que pour lui les compromissions politiques préconciliaires annonçaient les compromissions téhologiques de l'Eglise dite conciliaire.
En plus de l'ouvrage de l'abbé Barthe, il y a bien sûr le livre de Philippe Cheneaux, "Entre Maurras et Maritain".
Torquemada, vous avez raison de lancer un débat sur cette période cruciale et encore très mal connue. Bon courage dans vos investigations.