... encore une fois, le sujet étant d'importance. Je ne porte pas de lunettes roses. Je sais dans quel bourbier on se trouve. Ça me fait sans doute plus de mal qu'à vous, parce que je ne bénéficie même pas matériellement du minimum syndical. La Belgique est encore plus sinistrée que la France sur ce point. Tenez, je me suis déjà fait jeter "violemment" d'un confessionnal parce que j'avais préparé ma confession par écrit, ma mémoire étant ce qu'elle est. Si c'était le cas partout, j'envisagerais moi-même ce que vous faites. Mais ce n'est pas le cas. Même en Belgique. Aussi nuls soient-ils, il reste nombre de prêtres, même nuls, qui ont le pouvoir de juridiction nécessaire à la validité de l'absolution. Sur ce point, c'est essentiellement ce qu'on attend de leur ministère. Et je ne vois pas comment vous joueriez votre âme à agir de la sorte. Il est pourtant connu qu'il faut distinguer la "qualité" d'un homme et le "ministère" qu'il tient du Christ et de l'Eglise. Il n'y a pas de nécessité, à moins d'être à l'article de la mort, de se confesser à un prêtre suspendu alors qu'il y en a d'autres qui ont indubitablement, malgré leurs limites supposées ou avérées, le pouvoir de remettre les péchés. Il est préférable de recevoir un trésor de mains crasseuses, qu'une photo de ce trésor de mains propres.Car, je te l'ai déjà dit, aucune tache ne peut ternir ce Soleil, ni sa lumière ne peut être obscurcie par les ténèbres du péché mortel, qui se trouvent en celui qui l'administre ou en celui qui le reçoit. Leur faute ne peut nuire en rien aux sacrements de la sainte Eglise, ni amoindrir leur vertu. Tout ce qu'elle peut, c'est de diminuer la grâce ou d'aggraver la culpabilité, en celui qui les administre et en celui qui les reçoit indignement.
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