Merci pour votre contradiction :
Steve - 2011-02-26 23:34:27
Merci pour votre contradiction :
elle est fermement argumentée.
Permettez que je réponde sans m'étendre (ici) sur mon CV, mes abonnements, mes fréquentations et mes répulsions. Considérez, svp, que je suis un catholique du fond des rangs. Enseignant à la pension, issu du secondaire confessionnel catholique belge, en charge (le plus souvent) de cours en Histoire et Religion.
Pour Assise x + y.
Vous avez raison de noter que ce "choix tactique" de nos saints Pères chevauche deux domaines, le religieux et le politique.
Vous avez raison quand vous signalez le risque que véhiculent ces colloques politico-religieux : aux yeux du téléspectateur de base, toutes les religions y seront sur le même pied.
Je ne fais donc pas la promotion d'Assise x + y. Cependant, je souhaite beaucoup plus de cohésion dans l'Eglise catholique romaine. Pour m'en expliquer, je voudrais élargir un peu le champ de vision. Vision simplificatrice ? Sans doute. Pourvu qu'elle soit révélatrice.
- Le Concile de Trente a "serré les boulons" face à la Réforme protestante. Là-dessus, les pères jésuites - par exemple - se sont lancés dans le catéchisme et l'éducation des enfants, dans les missions lointaines, etc. Deo gratias.
- Le Concile de Vatican I a "serré les boulons" face aux libéralismes. Sous conditions, les Pères conciliaires y ont défini l'infaillibilité pontificale.
- Le Concile Vatican II a eu pour mission de moderniser une lourde machine (notre mère la sainte Eglise...) qui (sauf le respect) serait devenue une "usine à gaz".
- D'un côté, dans Lumen gentium, les Pères conciliaires ont déclaré, explicitement, que tous les hommes sont sauvés par le Christ et peuvent, directement ou indirectement, "arriver au salut éternel".
- D'un autre côté, quelques mesures d'application de ce Concile ont, de 36 manières, manifesté clairement la volonté de certains évêques de corriger le centralisme fort qui était né de Vatican I.
- Pour valoriser leur importance, eux et leurs proches, ils ont bien souvent promu et installé un "gallicanisme" de mauvais aloi.
Comme pour mon pays la Belgique, par certains côtés, c'est un conflit "bêtement humain" entre centralisation et décentralisation. Fédéralistes contre jacobins. Ceux qui s'en amusent sont ceux qui veulent la peau de l'Eglise. (Ne peut-on craindre qu'il en traîne partout ? Jusque dans la curie. Jusque dans la Fraternité.)
Pour conclure. Vous avez raison d'écrire que l'amour de l'Eglise nous impose de dénoncer ce qui nous paraît mauvais pour Elle. Mais, de votre part, convenez que la permanence ou la récurrence de discussions internes importantes, exposées sur la place publique... C'est nuisible pour l'Eglise.
D'où mon souhait d'une plus grande discipline.